29.06.2009

Les assistants sexuels. «  Je brise un tabou donc je suis » ou quand le plus vieux métier du monde se fait citoyen

C’est un nouveau tabou qui vient de tomber et une nouvelle avancée qui vient d’être faite. En effet, le samedi 13 juin dernier au Buffet de la Gare de Lausanne six hommes et quatre femmes on reçu en présence d’une centaine de personnes proches des handicapés leur diplôme d’ « assistants sexuels » décerné après  une formation d’une vingtaine d’heures s’étalant sur une année. Le travail de ces assistants sexuels consistera à fournir aux personnes handicapées différentes « prestations d’ordre corporelle et érotique » telles que massages et  aide à la masturbation. Il n’est cependant pas prévu que ces assistants sexuels fournissent des rapports sexuels complets. Ces prestations seront facturées au prix de 150 fr. l’heure
Pour les initiateurs de ce projet que sont entre autres la SEHP (Sexualité et handicaps pluriels) et Pro Infirmis c’est un tabou qui est tombé et un premier pas vers la reconnaissance « de l’universalité des pulsions et besoins sexuels fondamentaux de l’être humain, handicapé ou non ».
Pour le Conseiller national écologiste Luc Recordon,  l’ « assistance sexuelle est une activité d’intérêt public que le monde politique doit regarder avec bienveillance ». Pour ce dernier, « l’idéal serait bien sûr que les représentations liées au « mystère de l’attirance sexuelle » changent et n’excluent personne ». (Source : 24Heures du 16 juin 2009).
Pour  en  arriver là il a fallu vaincre quelques réticences, celles des donateurs de Pro Infirmis notamment, dont l’esprit pudibond imaginait mal que leur argent serve à étudier la meilleure manière de prodiguer une fellation à un hémiplégique.

Voilà. Mais voilà quoi ? De la prostitution me direz-vous. D’accord, mais pas n’importe laquelle. D’ailleurs, on peut même supposer que les initiateurs de cette nouvelle profession voient dans la prostitution une forme d’esclavage ou de « violence faite aux femmes » et qu’ils font partie de ceux que rêvent de mettre les michetons en cabane ou, à défaut, de les soigner. En fait, ces assistants sexuels et ceux qui les ont inventés inaugurent une  nouvelle forme de prostitution, la prostitution citoyenne, à savoir une prostitution pour la bonne cause, qui lutte pour des droits et contre des discriminations et qui s’invente un tabou pour pouvoir le briser avec fierté en tortillant du fion en n’oubliant pas de revendiquer une reconnaissance pour pouvoir toucher des subventions. En fait rien que de très banal de nos jours.

Accessoirement, on distingue dans cette affaire une des principaux fantasmes modernes, celui d’une sexualité dépouillée de tout négatif qui serait une activité à la fois fun, ludique et thérapeutique, à l’égal du nordic-walking, et bien sûr égalitaire, ce que résume si bien le triste Luc Recordon lorsqu’il prétend vouloir changer les représentations liées « au mystère de l’attirance sexuelle » pour qu’elles  n’excluent personne ». On pourrait rappeler à ce dernier qu’est désiré ce qui est  déjà désiré, d’où toutes sortes de problèmes dont la littérature fait état depuis quelques siècles si ce n’est quelques millénaires, mais passons, cela nous entraînerait trop loin.

Mais dans le fond, et même si ses protagonistes n’en ont pas vraiment conscience, la création des ces assistants sexuels n’est qu’un exemple de plus de cette propagande permanente dont nous avons parlé dans un précédent article.
On  y retrouve en effet  l’habituelle structure « tabou brisé » - « avancée » et « nécessité d’aller plus loin ». En  fait, les initiateurs de cette profession se fichent éperdument des besoins et des désirs des handicapés. Cette opération  n’est que pure idéologie et n'a consisté pour ses initiateurs qu’à briser un tabou  inexistant, revendiquer de nouveaux droits et montrer qu’ils sont dans le camp du Bien. A l’heure qu’il est ils doivent  déjà être en train de plancher sur leur prochaine « avancée », on attend le résultat avec une certaine impatience.

26.06.2009

La mort de Michael Jackson et de quelques illusions

Michael Jackson est mort et, aux dernières nouvelles, il n’est pas encore ressuscité. Bon débarras et paix à son âme, nous sommes enfin débarrassés de ses infâmes couinements de belette. De ses œuvres, il n’y a à retenir  que le solo de Beat It par Eddie van Halen (d’ailleurs il paraît qu’à l’époque les radios ricaines étaient tellement racistes qu’elles ne passaient que ce solo de guitare). Mais passons, nous ne sommes pas là pour nous étendre sur les talents artistiques de MJ car l’intérêt de ce machin brunâtre aura surtout été d’avoir su cristalliser sur sa personnes toutes les illusions et les fantasmes de notre époque.
Le désir fou de la jeunesse éternelle, la pédomanie et son corollaire la pédophilie, l’hygiénisme délirant, l’indifférenciation sexuelle et raciale, le monde vu comme un gigantesque Disneyland,  les divers artifices de la médecine reproductive, etc. Voilà ce que représentait Michael Jackson.
Il n’aura finalement raté que sa mort. On aurait pu s’attendre à ce qu’il « parte dans la dignité » tout en sa faisant cryoniser. Et bien non, MJ est mort à 50 ans  d’un simple arrêt cardiaque  suite à une consommation excessive de médicaments, rattrapé par cette réalité qu’il s’est toujours évertué à nier. Il est finalement mort comme un homme, il n’aura pu échapper à sa condition.
Cette mort est rassurante car elle nous dit que ce monde moderne que représentait MJ finira bien par crever et toutes ses illusions avec lui.

18.06.2009

Tabou

Tabou n.m. ou adj. Se dit d’une question de société ou d’un événement historique dont on ne parle jamais et qui fait régulièrement la une des grands médias et l’objet d’émissions de télévision diffusées en prime-time et qui donne  souvent lieu à la création de nouvelles lois, de nouveaux programmes scolaires, de campagnes de prévention ou de sensibilisation, de subventions à des associations, de commémorations, etc.  → le tabou de l’illettrisme, le tabou de l’euthanasie, le tabou de la colonisation, le tabou de la vie sexuelle de la ménagère de moins de 50 ans, etc., etc.

15.06.2009

L'opinion publique n'est pas l'opinion populaire

La question de savoir ce qu’est l’opinion publique et même de savoir si elle existe a donné lieu à de nombreuses hypothèses et discussions.

C’est en lisant l’ouvrage de Roger Chartier Les origines culturelles de la révolution française que j’ai eu l’occasion de trouver la meilleure analyse et la plus crédible de l’opinion publique. Sans doute parce qu’il s’agit d’un livre d’histoire qui fait fi de tous le vaseux verbiage sociologique.
En revenant au XVIIIe siècle, nous verrons que l’opinion publique est loin d’être celle du peuple ou celle de la majorité, que ce « public » est avant tout un public autorisé et que ce qui était vrai il y a deux siècles est toujours valable aujourd’hui

C’est en effet durant le « Siècle des Lumières » qu’apparaissent les premières définitions de ce qu’est l’opinion publique.
Pour Kant, qui s’interroge en 1784 sur les meilleurs usages de la raison et sur les « conditions nécessaires aux progrès des Lumières » il est nécessaire comme le dit Chartier de constituer « une communauté où pourront se fortifier les usages de chacun, où pourront être partagées les hardiesses des plus précoces ». Ce projet donne à Kant l’occasion de distinguer les concepts de public et de privé. Pour le philosophe allemand,  l’ « usage privé » de la raison est lié à l’exercice d’une charge, d’un office, tels que celui du prêtre devant ses fidèles ou de l’enseignant devant ses élèves. Alors que pour nous l’Eglise ou l’école sont par définitions des lieux où s’exprime la dimension publique de la raison ce n’est pas le cas de Kant car pour lui l’usage de la raison se fait ici dans un cadre institutionnel alors que l’usage public de la raison ne peut se faire qu’en dehors de tout lien de domination et de hiérarchie. Le public, pour Kant,  est  une « société civile universelle »  qui n’est pas inscrite territorialement et qui n’a pas de limite dans sa composition et c’est uniquement dans cette société civile que peut se faire un usage public de la raison.
Cette « société civile universelle » n’est bien sur pas composée de n’importe qui. C’est celle des savants ou en tout cas de ceux qui lisent. «  J’entends par usage public de notre propre raison celui que l’on fait comme savant devant l’ensemble du public qui lit », précise le philosophe. Ce public constitué par « ceux  qui ont les mêmes droits, qui pensent par eux-mêmes, parlent leur nom propre, et qui communiquent par l’écrit avec leurs semblables » ne saurait en outre limiter l’exercice de sa raison critique à un domaine particulier mais au contraire étendre ses opinions aux arts, aux sciences et à la religion.

A ce stade, on se rend compte déjà que ce public habilité à exercer sa raison et à donner son opinion est limité et que s’instaure une nette distance entre l’ «opinion publique » et le « peuple ».  Comme le précise Chartier, « dans les dernières décennies de l’Ancien Régime l’opinion publique est précisément définie comme le contraire même de l’opinion du plus grand nombre ».
Les philosophes de Lumières vont même ériger cette opinion publique en autorité souveraine devant laquelle même les souverains devront s’incliner car elle est considérée comme « nécessairement stable » et « fondée en raison » à l’inverse d’une opinion populaire vue comme instable, versatile ou passionnée. L’opinion publique, c’est au XVIIIe siècle et à l’approche de la  Révolution, l’opinion des « hommes de lettres » dont la compétence et l’autorité ne connaitrait pas de bornes ne dépendant pas de l’autorité du prince. Mieux, l’opinion publique se voit comme un tribunal suprême. Ecoutons Malesherbes s’adresser à l’Académie française en 1775 : «  Il s’est élevé un tribunal indépendant de toutes les puissances et que toutes les puissances respectent, qui apprécie tous les talents, qui prononce sur tous les gens de mérite. Et dans un siècle éclairé, dans un siècle où chaque citoyen peut parler à la nation entière par le voie de l’impression, ceux qui ont le talent d’instruire les hommes et le don de les émouvoir, les gens de lettres en un mot sont au milieu du public dispersé ce qu’étaient les orateurs de Rome d’Athènes au milieu du public assemblé ».

Deux siècles nous séparent maintenant des « Lumières » mais nous pouvons considérer que, malgré l’évolution des techniques de communication et l’élargissement de la « communauté de ceux qui lisent et de ceux qui écrivent », la définition de l’opinion publique développée ci-dessus tient toujours.

L’opinion  publique donc bel et bien, elle n’est pas l’opinion du peuple, elle n’est même pas l’opinion de tous ceux qui écrivent et qui sont lus mais, on le voit dès le 18ème siècle elle est celle de ceux qui occupent une position dominante dans l’espace intellectuel, culturel et médiatique. Et pour pouvoir accéder à une telle position l’exigence sera, toutes choses égales par ailleurs, d’avoir une opinion conforme à l’opinion publique. L’opinion publique, tant au niveau de ses idées que des individus qui la composent fonctionne ainsi en circuit fermé. Aujourd’hui, le tri de ce qui sera considéré comme pouvant être intégré dans l’opinion publique, tant au niveau des idées que des personnes, est une des tâches du clergé médiatique.

Cette opinion publique n’est certes pas d’une rigidité absolue dans ses idées ou son idéologie, elle peut varier selon le contexte et être influencée mais, pour l’essentiel, en tant qu’invention de la modernité, l’opinion publique défend et porte les idées « modernes », c'est-à-dire pour l’essentiel des croyances et des superstitions telles que le « progrès », l’ «humanité », les « droits de l’homme », « l’égalité », etc.
Finalement, l’opinion publique est celle de ceux qui croient savoir mais qui ne savent pas qu’ils croient.

11.06.2009

L’initiative contre les minarets. Une initiative contre-productive

Le corps électoral suisse votera finalement sur l’initiative dite des minarets et qui vise à interdire la construction de ces édifices sur le territoire helvétique. A la suite du Conseil national le Conseil des Etats a certes massivement rejeté cette initiative sans lui opposer de contre-projet mais a décidé tout ne même de la déclarer recevable et de la soumettre au verdict des urnes bien qu’elle ne soit guère compatible avec le droit international. Les sénateurs ont donc décidé de faire passer les droits constitutionnels suisses avant le droit international, c’est déjà une bonne chose vu l’illégitimité de ce dernier.


Cette initiative n’est pourtant guère satisfaisante. Lancée par un comité proche de l’UDC et de l’Union démocratique fédérale (UDF) elle veut lutter contre  une « islamisation rampante » du pays. On pourrait déjà trouver cette initiative bien timide car ce n’est pas à une « islamisation rampante » que la Suisse se trouve confrontée mais, comme tous les autres pays européens, à une véritable colonisation musulmane mais le pire est que, quelque soit le résultat de la votation populaire, c’est l’islam qui en sortira triomphant.
En effet, à moins que l’initiative soit massivement acceptée à un taux d’au moins 75%, c’est bien l’islam qui sera le vainqueur du scrutin. Une acceptation timide déclenchera un raz de marée islamophile dans un establishment qui se ruera à  la défense des musulmans en prenant la pose  de ceux qui résistent au retour « des heures les plus sombres de notre histoire ». On connaît le couplet, il nous sera déjà servi pendant la campagne des votations. A propos des minarets eux-mêmes on verra en cas d’acceptation de l’initiative des édiles communales proposer gracieusement aux frais du contribuable la construction de minarets et de mosquée tout confort aux musulmans de leurs communes, toujours au nom de la tolérance et du refus de toute discrimination. En cas de rejet de l’initiative, ce qui est l’hypothèse la plus probable, l’establishment n’en pourra plus de se féliciter de l’ouverture au monde  et de la tolérance des Suisses et y verra le triomphe définitif d’une Suisse multiculturelle.
En ce qui concerne les musulmans de Suisse eux-mêmes, une acceptation leur permettra de prendre la pose de victimes discriminées et leur vaudra le soutien total de l’establishment comme je l’ai dit ci-dessus alors qu’un rejet les confortera définitivement dans l’idée que l’islam a une place légitime en Suisse, une place appelée à devenir de plus en plus large. Un refus sera surtout interprété par les musulmans comme une preuve de plus de la faiblesse de l’occident.  Bref, refusée comme acceptée, cette initiative risque fort d’atteindre le but inverse que celui qu’elle se proposait en accélérant l’islamisation du pays. Dans ce sens, il aurait mieux fallu que le Parlement décide de la déclarer invalide.

Les débats au Conseil des Etats, et surtout les interventions des opposants à l’initiative reprennent pour l’essentiel les arguments qui ont été opposés à cette initiative dès son lancement. Relevons les plus intéressants en commençant par  celui qui voit dans cette initiative un « retour à l’époque où l’on stigmatisait les minorités religieuses ». Cet argument, particulièrement niais, met sur un même plan la colonisation actuelle du pays par l’islam avec les querelles internes au christianisme et à la Suisse du 19ème siècle - la question des clochers notamment, longtemps interdits sur les églises catholiques dans les cantons protestants – alors que l’islam nous est foncièrement étranger. L’islam n’est pas non plus une petite secte protestante de la Broye  vaudoise comptant 150 membres puisqu’il  y a près d’un demi-million de musulmans en Suisse aujourd’hui, un nombre appelé à croître de façon exponentielle, l’islam ne saurait donc être considéré comme une minorité religieuse. Il y a même fort à parier que l’islam sera bientôt la première religion pratiquée en Suisse, si ce n’est pas déjà le cas. Inutile de compter sur le temps et une éventuelle intégration non plus car plus une communauté est nombreuse et moins elle s’intègre ou s’assimile. L’immigration n’est pas  une question d’individus mais une question de démographie, de masse critique. Nous sommes dans un rapport de force avec l’islam, que nous le voulions ou non et que les musulmans de Suisse le veuillent ou non. Il s’agit de bien s’imprimer cela dans le crâne. C’est peut-être malheureux, mais c’est comme cela.

D’ailleurs, il est remarquable que nombre des arguments opposés à l’initiative des minarets montrent, sans que leurs auteurs le reconnaissent, la peur qu’inspire l’islam. Pour certains,  l’acceptation de cette initiative serait un boulevard ouvert aux islamistes, d’autres voient dans cette initiative un danger pour la sécurité du pays, un danger non seulement pour les Suisses ou les intérêts suisses dans les pays musulmans mais également un danger pour la sécurité intérieure du pays. L’islam est donc bel et bien considéré comme un danger pour le pays même au plus haut niveau du pouvoir politique. C’est là un espoir. Mais il ne faut pas oublier que si la peur a un aspect positif qui est celui d’activer les mécanismes de défense, de refus et de résistance, elle incite  le plus souvent à la soumission la plus servile devant le danger ou l’ennemi. Je crois qu’il est inutile de préciser comment réagissent et réagiront à l’avenir nos politiciens et notre establishment face à cet islam qui leur fait peur.

09.06.2009

The Band & Emmylou Harris - Evangeline

08.06.2009

Le droit de vote et d’éligibilité pour les étrangers. Une initiative bien timide

La gauche vaudoise va lancer une initiative pour accorder le droit de vote et d’éligibilité aux étrangers. C’était attendu depuis l’acceptation par le corps électoral vaudois de la nouvelle Constitution qui accorde le droit de vote et d’éligibilité aux étrangers au niveau communal.
On sait également que, une fois les droits civiques accordés aux étrangers au niveau cantonal la prochaine étape sera son octroi au niveau fédéral. Il n’est donc pas absurde penser que, d’ici quelques lustres, des membres du gouvernement helvétique seront des étrangers. L’élection d’étrangers dans des exécutifs cantonaux se fera, elle, dans des délais plus courts. Et on peu déjà imaginer les commentaires extatiques des médias lorsque sera élu le premier Conseiller d’Etat « vaudois »  non pas d’origine étrangère mais bel et bien étranger.
C’est bien cette image qu’il faut avoir à l’esprit pour comprendre à quoi mène cette initiative : celle de cantons et puis ensuite d’une Confédération dont les exécutifs compteront bientôt des ressortissants étrangers. Mais s’il ne s’agissait que de cela, ce ne serait pas bien grave.
Car en fait, accorder les droits civiques aux étrangers revient à déposséder les citoyens suisses de ces mêmes droits, à les dépouiller de leur citoyenneté bref, à supprimer la citoyenneté helvétique et donc la Suisse, les Suisses ne seront plus Suisses et les étrangers resteront des étrangers, plus rien ne distinguera ces derniers des premiers. Bien sûr, cette problématique vaut pour tous les pays européens.
Evidemment, cette initiative ne sera pas combattue. Il y aura un débat, mais uniquement entre ceux qui sont totalement pour et ceux qui ne sont radicalement pas contre. Tout opposition sera excommuniée pour xénophobie et si d’aventure l’initiative échouait devant le corps électoral ce ne sera que la meilleure des raisons pour remettre l’ouvrage sur le métier dans quelques mois.

Cette initiative est logique tant elle s’inscrit dans la dynamique mondialiste qui se déchaîne depuis la soi-disant chute du communisme et qui vise à la réalisation pleine et entière de ce dernier, c'est-à-dire la suppression de toute institution médiatrice entre l’individu et l’espèce.
Si l’on peut s’étonner d’une chose, c’est de la timidité de la gauche  qui n’ose pas encore demander l’octroi immédiat des droits civiques aux étrangers au niveau fédéral, comme si les socialo-communistes eux-mêmes ne comprenaient pas encore vraiment dans quel monde il vivent et vivront, un monde qui est pourtant celui qu’ils veulent et qu’ils veulent encore plus, et qu’ils se prendront en pleine poire.

07.06.2009

Vivaldi - Gloria - 1 - Gloria in excelsis Deo - King's College Choir


04.06.2009

"Reflexions on the revolution in Europe" de Christopher Caldwell

Je mets en ligne ci-dessous le compte-rendu par Emmanuel Garessus d’un livre de Christopher Caldwell, Reflections on the revolution in Europe, paru dans Le Temps du 3 mai.

Cette « revolution » est celle d’une Europe devenue terre d’immigration. D’après le compte-rendu, ce livre semble écorner quelques mythes immigrationnistes en montrant notamment que la grande masse des immigrés en Europe est inactive et représente une lourde charge pour les Etats et pour la population indigène, que cette dernière est victime d’une véritable colonisation en étant dépossédée de sa culture, l'absence d'assimilation et que l’islam est radicalement incompatible avec les valeurs de l’Europe.
Rien que nous ne sachions déjà bien sûr, mais qu’un livre qui est loin de faire l’apologie béate du multiculturalisme fasse l’objet d’un compte-rendu dans un quotidien de référence tout à fait « idéologiquement conforme » comme Le Temps peut être interprété comme un petit signe encourageant.


Une solution américaine
à l’immigration en Europe?


Analyse

Emmanuel Garessus

L’Europe est pour la première fois de son histoire un continent de migrants. 40 millions d’habitants sont nés dans un autre pays. Plus de 10% du total. L’effet de taille compte énormément, écrit Christopher Caldwell, éditorialiste au Financial Times*. On dénombre 15 à 17 millions de musulmans en Europe. C’est unique dans l’histoire. Et cette immigration constitue le plus grand problème que rencontre l’Europe. Il est frappant de constater le manque de confiance de la démocratie, sa plus importante valeur morale, à le traiter, écrit-il. Si l’Europe accueille davantage d’immigrants que ses citoyens ne le souhaitent, c’est une bonne indication que la démocratie fonctionne mal. Dans ce contexte de «confrontation avec l’islam», il dépeint des Européens de souche qui «se sentent exclus chez eux, victimes d’une OPA culturelle» et propose ses propres pistes.

L’islam a brisé bien des habitudes, structures et institutions de l’Etat. L’immigration, à travers sa main-d’œuvre bon marché, peut être bénéfique à l’économie privée. Pour l’Etat, c’est différent. Les prestations aux immigrés et à leurs familles dépassent leurs contributions. En Allemagne, les indigènes de 20 à 65 ans paient davantage de contributions qu’ils ne font appel aux prestations sociales. Les Turcs d’Allemagne ne le font qu’entre 28 et 57 ans. La tendance n’est pas encourageante. Entre 1971 et 2000, le nombre de résidents étrangers en Allemagne a explosé de 3 à 7,5 millions, mais le nombre d’étrangers actifs s’est maintenu à 2 millions!

L’immigration et l’Etat social se marient mal, selon Caldwell. «Une fois que les immigrés comprennent le système d’Etat social, ils peuvent changer les objectifs des assurances sociales. Au lieu de dépenser les prestations sociales, par exemple en nourriture, l’argent peut financer l’islam. Les deux tiers des imans en France sont à la sécurité sociale», explique Caldwell.

Certes la gestion cohérente des flux de population n’est pas aisée avec une économie globale complexe et les conséquences culturelles qui en résultent. Il ne s’agit pas seulement d’importer des facteurs de production, mais aussi le changement social. Car avec l’immigration de masse, la diversité, la tolérance, le sécularisme sont mis à rude épreuve.

Ces 20 dernières années mettent en lumière l’absence d’assimilation. Caldwell observe même une détérioration avec les nouvelles générations. Des zones de non-droit émergent dans les banlieues. Nicolas Sarkozy est le seul chef d’Etat à condamner les responsables d’émeutes dans les banlieues et non pas le manque de générosité à leur égard. Ce n’est pas à des délinquants de déterminer l’agenda politique. Caldwell approuve avec force. Mais est-il trop tard? Les lois sur la tolérance ont commencé à profiter aux intolérants, dit-il.

Caldwell s’en tient aux faits: 19% des Européens pensent que l’immigration est bonne pour leur pays. Les autres ne sont pas devenus moins généreux envers les immigrés. «Simplement, ils paient la facture». Beaucoup d’Européens sont à la recherche d’une vie meilleure, comme les immigrés. Mais, contrairement à ces derniers, «ils n’ont pas voulu le changement», explique l’auteur. Ils sont pourtant expulsés de la culture de leurs parents. Certaines de leurs traditions sont parfois rejetées sous prétexte que les immigrés musulmans pourraient se sentir exclus. La réciprocité des pays musulmans à l’égard de religion chrétienne n’est pourtant de loin pas garantie.

Pour l’auteur, l’histoire de l’Europe est, depuis la Seconde Guerre mondiale, une histoire d’émancipation à l’égard des Etats-Unis. La création de l’Union européenne s’inscrit dans ce contexte. La solution à l’immigration de masse risque toutefois d’obliger l’Europe à suivre l’exemple américain. Les Etats-Unis sont, en théorie, libres, ouverts et occidentaux. En pratique, «l’Amérique exerce des pressions dignes de Procuste sur les immigrés pour qu’ils se conforment à leur système. Ce sont ces pressions et non son ouverture qui font des Etats-Unis un peuple». L’immigré peut maintenir sa culture ancestrale, mais «si elle l’empêche de parler l’anglais ou d’être à l’heure au travail, il aura faim. Il rentrera dans son pays et personne ne le regrettera». Le modèle américain ne peut toutefois être transposé intégralement. Il résulte de conditions historiques particulières et d’une réforme du système pénal , sous Nixon, destiné à lutter plus férocement contre la drogue. De plus, l’Amérique compte seulement 2 millions de musulmans.

Le problème de base avec l’islam et avec l’immigration tient au fait que les communautés les plus fortes en Europe ne sont pas des communautés européennes», selon Caldwell. Ce problème existe malgré le multiculturalisme des Pays-Bas et la laïcité de la France. L’islam est une religion magnifique, mais ce n’est pas la religion de l’Europe et ce n’est en aucune manière la culture européenne. Il est certain que l’Europe sortira changée de la confrontation. Quand une culture malléable, incertaine et relative rencontre une culture confiante, bien ancrée, renforcée par des doctrines communes, c’est la première qui s’adapte à la seconde.


Reflections on the revolution in Europe, Christopher Caldwell, Allen Lane, 364 pages.

Source : Le Temps, 3 juin 2009

 

03.06.2009

Insertion

Insertion n.m.  Politique sociale, menée par exemple dans le domaine de l’emploi ou de la scolarité ayant pour but de mettre la mauvaise personne au mauvais endroit. Insertion des handicapés mentaux à l’école, insertion des jeunes en difficulté sur le marché de l’emploi.

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