30.07.2009

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?

Extrait de la lettre que le Père Charles de Foucauld adressa à René Bazin, de l'Académie française, le 29 juillet 1916.
Source ici :

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?
Exceptionnellement, oui.
D'une manière générale, non.
Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du medhi, il n'y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du jugement dernier le medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans.

Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l'engage à subir avec calme son épreuve ; « l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération », disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du medhi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ?
Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du medhi...

21.07.2009

Le compte à rebours de l'humanité - un texte indédit de Philippe Muray

Un texte inédit de Philippe Muray piqué sur Cultural Gangbang

Le compte à rebours de l'humanité

L'indifférenciation est la forme d'accord ultime avec le monde dans lequel nous vivons. Elle est aussi l'argument par lequel ce monde entend nous convaincre, définitivement et sans réplique, de sa bonté illimitée, de sa bienfaisance et surtout de son innocence. Par elle, tous les prestiges de l'ordre moderne mondial s'assurent une domination sans contrepartie. Le carnaval des identités floues, la poésie, l'idylle joyeuse, l'oubli du passé, le réenchantement de l'existence, la prévention du Mal et des aléas de la vie par la destruction de l'autre (de toutes les singularités adverses), y trouvent un nombre considérable de débouchés. Enfin et par-dessus tout, l'indifférenciation est la voie ouverte à l'inceste, notre horizon impensé, encore plus ou moins lointain, mais déjà si délectable.

L'Empire mondial lui-même (en gros, les États-Unis, mais pas seulement) est indifférenciant, avec ses valeurs fondées sur l'évidence, ses intentions irréversibles, son Bien qu'on ne discute pas, sa détermination avouée d'en finir une bonne fois avec tout ce qui ne relève pas encore, ici ou là, de la démocratie et du l'humanitaire mondialisés. L'Europe divine telle qu'elle s'impose contre les peuples marche dans la même direction. Et tout cela se chante dans l'espèce de créole planélaire anglo-babélien qui est la langue même de l'indifférenciation.

Cependant, il n'est pas besoin d'être très freudien pour identifier, à travers ce grand mouvement occidental d'effacement de toutes les différences, sous les masques les plus divers et les arguties les plus sophistiquées, la réalisation collective de la pulsion de mort, c'est-à-dire le vieil idéal de rétablissement d'un état antérieur à la vie et à l'Histoire, état auquel nous avons dû renoncer précisément quand nous sommes entrés dans l'Histoire. Le sexe, les sexes, la guerre des sexes, toute cette fatigante épopée à base d'exogamie et d'effroi de retomber dans le Même, dans l'inceste, dans la répétition et dans l'inerte, perdent ce qui leur restait de séduction face à la perspective de retrouver la paix en effaçant toutes les différences encore existantes et en ramenant l'organique à l'inorganique. De ce point de vue l'histoire de l'Occident, et plus généralement de tous les pays qui accèdent et accéderont à la démocratie et à l'humanitaire, n'est plus que celle d'un compte à rebours fatal déjà largement entamé. L'humanite y retourne à sa disparition.

Cette situation devrait faire peur ; mais, par un paradoxe étrange, elle apparaît au contraire généralement comme enchanteresse. C'est qu'elle procède de l'effondrement des interdits anciens et des rituels de filiation, et qu'elle s'accompagne de l'effacement des vieilles instances symboliques. Toute transcendance terrassée, toute verticalité anéantie au profit d'un lien horizontal qui ne paraît étouffant qu'aux mauvais esprits, commencent alors les bacchanales de la promiscuité (notamment par la dissolution des différences sexuelles et générationnelles), d'autant plus gratifiantes qu'elles s'élaborent sur la défaite du vieux monde, et qui ne se connaissent plus qu'une seule limite : la pédophilie, devenue obsessionnelle pour ne pas voir qu'elle est une conséquence parmi d'autres de ce système de dissolution des différences partout ailleurs encensé.

Bien entendu, cette volonté d'indifférenciation généralisée est aussi une farce. Une farce contemporaine. Elle se construit, avec la complicité crédule de tout le monde, sur la dénégation d'un certain nombre de différences de toute façon irréductibles, à commencer par la morphologique. On ripostera donc que ces différences irréductibles ne sont elles-mêmes que des constructions culturelles. On accablera sous le nom d'«idéologie naturalisante» (c'est très vilain l'«idéologie naturalisante») l'obstination résiduelle et véritablement réactionnaire à présenter la différence des sexes comme une donnée inaltérable. On dira que l'anatomie est trompeuse. On s'appuiera sur de récents travaux scientifiques d'anthropologues ou de généticiens pour affirmer que la spécificité des deux sexes semble de plus en plus indéfinissable. On ressortira l'exemple des hermaphrodites. On rappellera que les femmes aussi fabriquent de la testostérone et les hommes des oestrogènes. On chantera les merveilles de l'ectogénèse. On expliquera que, dans un avenir proche, la déjà très modeste contribution masculine à la fécondation ne sera plus qu'accessoire. On montera en épingle l'exploit de ces biologistes japonais qui ont réussi à créer en laboratoire une souris issue d'un ovule fécondé par un autre ovule et sans apport de sperme.

Par-dessus tout, on se réjouira de pouvoir annoncer le proche achèvement des grands travaux de déconstruction des identités sexuelles, devenues de simples rôles sur le nouveau théâtre du genre et qui, comme tels, peuvent avantageusement être changés, permutés, en tout cas entraînés dans une joyeuse farandole de nouvelles différences biscornues, floues, interchangeables et pratiquement démultipliables à l'infini.

Car il faut tout de même encore, chemin faisant, et tandis que s'intensifient ces grands travaux, que l'on offre des différences de substitution à des individus qui, bien que prêts à plonger sans retour dans le grand bain néo-amniotique de l'indifférenciation, continuent à repérer des différences entre eux, dans leurs personnalités, leurs capacités, leurs modes d'actions, leurs comportements. Ainsi l'indifférenciation a-t-elle la bonté d'assurer aux différences qu'elle déconstruit une seconde vie, une existence de consolation et de remplacement par multiplication de petites différences résiduelles fondées sur des manies, des acharnements, des inclinations particulières, mais toujours puissamment alimentées par l'électricité très spéciale d'une libido qui supplante aujourd'hui toutes les autres et dont les médias raffolent parce qu'elle garantit une accumulation d'événements de tout repos : la libido judicandi, où toute envie du pénal trouve son apothéose.

De ce point de vue, les histoires édifiantes commencent à proliférer, et elles sont toujours contées sur ce mode à la fois épique et chafouin qui est un des styles les plus réussis de l'époque. Pour qu'une belle histoire d'indifférenciation (c'est à-dire, concrètement, de transsexualité, d'homoparentalité, de mariage gay, etc.) captive les foules, il faut qu'elle puisse être narrée comme une conquête en cours contre les forces les plus obscurantistes encore existantes, comme la geste héroïque de quelques pionniers ou pionnières aux projets irréprochables mais constamment minés par un complot réactionnaire universel et increvable. L'issue du combat devra rester incertaine, du moins dans le discours qui le chante, ne serait-ce que pour soutenir l'intérêt tout le temps qu'il se développe, et bien que chacun sache d'avance quelle en sera la conclusion. Le nouveau, de toute façon, et au bout du compte, doit toujours l'emporter sur l'ancien, même si, chemin faisant, il se donne l'apparence de ne pas connaître cette loi qui lui est si favorable. C’est ainsi que dans la presse, ces derniers temps, et pour ne prendre que cet exemple, s'est émue de la juste lutte de Gabrielle et d'Évangéline, deux jeunes femmes qui vivent ensemble dans la région de Nantes. La première, Gabrielle, a eu un enfant par insémination artificielle. Du coup Évangéline, sa compagne, réclame en tant que «père» des prestations à la Sécurité sociale, et d'abord le droit comme tous les pères (bien qu'elle se fasse appeler «maman» par le rejeton de Gabrielle) à un «congé paternité». Devant la résistance de la Caisse d'allocations familiales de Loire-Atlantique, qui envisage toutefois la modification de son logiciel afin de pouvoir enregistrer Gabrielle et Évangéline comme parents sous les appellations de «madame et madame», elles attaquent celle-ci en justice pour «faire du raffut afin que les choses bougent». D'ores et déjà les arguments de leurs adversaires («Nous ne faisons qu'appliquer une loi disant que les congés paternité sont attribués au père de l'enfant : aux dernières nouvelles, un papa ne peut pas être une maman») apparaissent de peu de poids face à la volonté de si intéressantes et dérangeantes guerrières. Mais la chose se corse encore lorsqu'on apprend qu'à son tour Évangéline est enceinte, par le même procédé que sa compagne, et qu'elle va donc avoir droit elle aussi à un congé maternité tout en persistant à revendiquer un congé paternité puisqu'elle continue à se définir comme la figure paternelle de l'enfant de Gabrielle.

Une telle situation, qui pourrait encore se complexifier, promet de savoureux procès en série, et on pourrait imaginer qu'ils seront sans fin puisque, en régime d'indifférenciation triomphante, les nouvelles différences sont elles-mêmes démultipliables à l'infini.

Plus généralement, dans le compte à rebours global de l'espèce, se profilent de nouvelles histoires d'après l'Histoire, de nouveaux contes, de nouvelles brassées de contes, de contrecontes et d'anti-contes ; et tous, d'une manière ou d'une autre, racontent le retour à l'état inerte et indifférencié d'avant la vie et d'avant l'Histoire. Ou, plutôt, ils raconteraient ce retour si on était encore capable de les déchiffrer de cette manière. Mais notre civilisation, qui a entrepris le grand retour à l'inorganique, met également tous les moyens en oeuvre pour que ces capacités de déchiffrement, liées aux anciennes conditions historiques, s'effacent des consciences. Elle s'est jurée d'être la première à ne pas laisser en son sein naître d'ennemis mortels. Elle y réussit d'autant mieux qu'elle est elle-même la mort.

15.07.2009

Alexandre Zinoviev

"La sottise doit s'apprendre comme l'intelligence. Ce n'est qu'au cours d'une longue vie et d'un entraînement prolongé que les hommes parviennent à un très haut degré de sottise."

Alexandre Zinoviev, Les Hauteurs béantes, cité par Eric Werner dans L'après démocratie, p. 26

17.02.2009

L'inconscient du capitalisme

"On devrait même se demander si l'utopie libérale ne suppose pas un inconscient, comme condition, toujours non dite, de la cohérence de son propre imaginaire. Il est, en effet, assez troublant de constater que le père d'Adam Smith (que ce dernier, de surcroît, n'a jamais connu, demeurant, toute sa vie, sous l'emprise maternelle) était contrôleur des douanes. C'est évidemment un détail qui donne une signification très particulière à l'idée que les hommes ne pourront jouir des bienfaits de la Nature, qu'une fois abolies les barrières douanières et, d'une façon plus générale, toutes les frontières, quelles qu'elles soient. Il se pourrait, ainsi, que la mort du Père (et, par conséquent, l'extension indéfinie de l' "empire des Mères", facilement déguisable en "féminisme") consitue la vérité inconsciente du Capital - et, au-delà, de la modernité elle-même".

Jean-Claude Michéa, Impasse Adam Smith, Climats, 2002, p. 135-136

15.02.2009

L'esprit du capitalisme

"Pour mesurer à quel point est effectivement délirante l’idée que l’esprit du capitalisme serait conservateur, autoritaire et patriarcal, il n’est que d’observer cinq minutes n’importe quelle variante de sa propagande quotidienne  (publicité, mode, culture jeune, fêtes « citoyennes », journalisme, etc.). On constate aussitôt que le système du « laisser passer, laisser faire », dès qu’il atteint sa forme historique accomplie, ne peut fonctionner avec une efficacité maximale que s’il parvient, à chaque instant, à convertir la transgression permanente de toutes les valeurs héritées, en impératif catégorique et principe de sa propre expansion illimitée (…). La sacralisation permanente du désir, des différentes postures « rebelles » ou provocatrices, et de l’innovation sans fin, ne doit cependant pas être comprise comme la marque des seules formes développées de l’esprit capitaliste, même si c’est naturellement dans les conditions historiques de la consommation généralisée qu’elle trouve à se déployer de la façon la plus cohérente. En tant qu’idée elle est nécessairement présente dès les commencements de la philosophie libérale, lorsque celle-ci n’est encore qu’une utopie ingénieuse, soustraite à l’obligation de négocier des compromis historiques avec les différentes puissances établies, comme ce sera le cas tout au long du XIXe siècle."

Jean-Claude Michéa, Impasse Adam Smith, Climats, 2002, p. 71-72

11.02.2009

Cormac McCarthy

[…] Finalement, elle m’a dit comme ça : Je n’aime pas le chemin que prend ce pays. Je veux que ma petite fille puisse avoir une IVG. Et je lui ai dit eh bien madame je ne crois pas que ça doive vous inquiéter le chemin que prend ce pays. Moi au train où vont les choses je ne doute pas une minute que votre petite-fille pourra avoir une IVG. Je dirais même que non seulement elle pourra se faire avorter, mais elle pourra vous faire endormir, ce qui a tout de suit coupé court à la conversation.

Cormac McCarthy, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for Old Men)

06.01.2009

Le crime des Blancs

"Le crime des Blancs n'est pas d'avoir pris part au trafic des esclaves – le leur n'a rien innové sur cette côte – mais d'y avoir introduit la religion du travail."

Ernst Jünger, Soixante-dix s'efface II - 1971-1980 (1981)

26.12.2008

Louis Pauwels - "Le monôme des zombies"

« Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980.

Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang.

Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre.

L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse.

Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent.

Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas à courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre.
»

Louis Pauwels, “Le Monôme des zombies”, éditorial  du
Figaro Magazine, 6 décembre 1986

 

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Si je poste ce texte c'est parce que je me reconnais parfaitement dans la description que Pauwels fait de ma génération. Pire, je sais que je ne me débarasserai jamais complètement des tares que Pauwels énumère ici.

Bon, le rock ça je ne lache pas.

 

P.S. Un "monôme" est selon "Le Robert" une file d'étudiants se tenant par les épaules, qui se promènent sur la voie publique.

 

 

 

 

20.12.2008

Bach

Sans Bach, la théologie serait dépourvue d’objet, la création fictive, le néant péremptoire. S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu.”

Cioran

25.10.2008

Nicolas Gomez Davila (XXIII et fin)

Nous appelons ère libérale les quatre siècles que prit la liquidation des libertés médiévales.

Les tribunaux démocratiques ne font pas trembler le coupable, mais l’accusé.

Toute droite d’aujourd’hui n’est autre chose qu’une gauche d’hier désireuse de digérer en paix.

Le raciste s’exaspère parce qu’il soupçonne en secret que les races sont égales ; l’antiraciste aussi, parce qu’en secret il soupçonne qu’elles ne le sont pas.

Ce qui est authentiquement chrétien, ce n’est pas ce qui reçoit l’approbation condescendante de l’incrédule, c’est ce qui le scandalise.

Les jeunes secouent violemment la tête pour mieux adapter leur nuque au joug.

Le triangle : bourg, château, monastère, n’est pas une miniature médiévale. Mais un paradigme éternel.

Plutôt qu’une stratégie idéologique, la gauche est une tactique lexicographique.

Les démocrates décrivent un passé qui n’a jamais existé et prédisent un avenir qui ne se réalise jamais.

La littérature est devenue gesticulation de naufragés alors qu’elle devrait être description du naufrage.

Le monde moderne est arrivé à institutionnaliser avec une telle astuce le « changement », la « révolution », l’ « anticonformisme », que toute entreprise de libération est une routine inscrite dans le règlement de la prison.

La libération totale est le processus qui construit la prison parfaite.

Seule l’Eglise se considère comme une congrégation de pécheurs. N’importe quelle autre collectivité, religieuse ou laïque, pense être une confrérie de saints.

Aux yeux d’un démocrate, qui ne s’avilit pas est suspect.

Le romancier de gauche est toujours mauvais, parce qu’il connaît la solution de tous les problèmes.

Lorsque les « droites » assassinent, la gauche hurle et s’indigne comme si on la dépouillait d’un privilège.

Le politicien démocrate se vend toujours. Aux riches, au comptant. Aux pauvres, à terme.

Je n’appartiens pas à un monde qui disparaît. Je prolonge et je transmets une vérité qui ne meurt jamais.



Nicolas Gomez Davila

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