26.12.2008
Louis Pauwels - "Le monôme des zombies"
« Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980.
Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang.
Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre.
L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse.
Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent.
Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas à courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »
Louis Pauwels, “Le Monôme des zombies”, éditorial du
Figaro Magazine, 6 décembre 1986
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Si je poste ce texte c'est parce que je me reconnais parfaitement dans la description que Pauwels fait de ma génération. Pire, je sais que je ne me débarasserai jamais complètement des tares que Pauwels énumère ici.
Bon, le rock ça je ne lache pas.
P.S. Un "monôme" est selon "Le Robert" une file d'étudiants se tenant par les épaules, qui se promènent sur la voie publique.
15:46 Publié dans Citations, textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : louis pauwels, jeunesse, sida mental, monome des zombies
22.08.2008
Le botellon ou la biture citoyenne et socialiste (suite)
Cédric Wermuth, « président de la Jeunesse socialiste suisse et étudiant » confirme dans Le Temps d'aujourd'hui ce que j’avançais hier, à savoir que les botellones sont des actes citoyens et leur interdiction une grave atteinte aux droits des djeunes qui « se rebellent contre la commercialisation de leur temps libre »(sic).
Certes, je suis d’accord avec Wermuth lorsqu’il dénonce l’hypocrisie des autorités (ici zurichoises) qui autorisent la Street Parade, où l’on se défonce joyeusement sous le contrôle sanitaire de l’Etat, mais qui veulent interdire les botellones. C’est bien vu, mais c’est oublier que la Street Parade est déjà une manifestation officielle de propagande multiculturaliste et égalitaire.
Mais j’allais oublier de remercier Cédric Wermuth pour nous livrer cette perle de la non-pensée socialiste : lorsque le journaliste lui demande si c’est bien responsable de s’opposer à l’interdiction des botellones, notre gaillard répond que « nous avons toujours considéré le non-respect, s’il est non violent, comme tout à fait respectable. » Epatant, non ? Ces socialos, s’ils n’existaient pas il faudrait les inventer.
W.
17:07 Publié dans Politique, société, actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suisse, botellon, socialisme, jeunes, jeunesse, actualité, société
21.08.2008
Le botellon, ou comment vomir de manière citoyenne
Malgré le championnat d’Europe de football, le Tour de France, la guerre de Géorgie et les Jeux Olympiques, il manquait encore à notre été une divertissante et rafraîchissante polémique dont nos médias ont le secret. C’est désormais fait avec le « botellon », une mode venue d’Espagne qui, comme vous ne pouvez l’ignorer, est une réunion de plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de jeunes gens désireux de se soûler en commun sur une place ou un parc public, endroits normalement non destinés à cette utilisation.
Le botellon est aussi une preuve des progrès des TIC ou technologies de l’information et de la communication puisque c’est par « Facebook » que ces jeunes gens qui maîtrisent parfaitement les derniers outils informatiques apprennent le lieu et l’heure du prochain botellon.
C’est d’abord parce que c’est « sur la toile » que s’organisent ces réunions que les médias ont commencé à en parler. Je suis toujours étonné de constater qu’Internet suscite toujours une pareille extase chez nos amis journalistes dont la plupart maintenant doivent être nés devant un ordinateur et devraient donc trouver ça normal. Bon, ils doivent sans doute obéir aux ordres, ça fait jeune et c’est sans doute destiné à épater les vieux.
Il n’empêche que c’est bien par la presse écrite ou télévisuelle que les jeunes suisses savent tous maintenant ce qu’est un botellon et rêvent de participer à la prochaine beuverie organisée.
Quoi qu’il en soit, le botellon est devenu le sujet numéro un de l’ « actu » suisse romande et a réussi l’exploit de faire passer les J.O. au second rang. Les préventionnistes jubilent d’avoir trouvé une nouvelle justification à leurs budgets et à leurs salaires et, sommés de « faire quelque chose », les politiques discutent sans fin sur la nécessité ou non d’interdire ces botellons.
Mais, curieusement, ces botellons ne semblent pas déclencher un véritable dégoût, une véritable unanimité dans le rejet et l’inquiétude comme c’est le cas avec le binge drinking.
Au-delà des grandes déclarations, il me semble même discerner une vague sympathie des « acteurs sociaux » à l’égard de ce phénomène. C’est d’abord, comme je l’ai déjà dit, en raison du côté internet et branché de ces botellons – gageons qu’ils s’organisent de préférence dans des endroits couverts par le « wi-fi » - . « Botellon » c’est un joli nom aussi, c’est festif, latin, multiculturel, et ça a un petit air de vacances et de plage à Ibiza. Bref, c’est plus fun et ludique que binge drinking qui évoque trop le brouillard londonien et les stades de football.
On sent aussi politiciens, journalistes et « spécialistes de la jeunesse » sensibles au côté convivial et spontané de l’affaire. Ils doivent flairer dans le botellon un moyen pour les jeunes d’exprimer leur « malaise » d’une manière citoyenne et solidaire. D’ailleurs l’initiateur d’un botellon censé se tenir bientôt à Lausanne a déjà pu rencontrer le municipal de la police et a eu droit à une pleine page dithyrambique dans Le Temps d’aujourd’hui. Que voilà un bel exemple de l’intégration des jeunes dans la vie de la cité et gageons que nous retrouverons dans quelques années le bonhomme en question « actif dans les milieux de la prévention » à moins que ce ne soit dans ceux de la culture.
Le botellon, c’est se soûler et dégueuler de manière citoyenne, ouverte et tolérante en quelque sorte.
W.
13:33 Publié dans Politique, société, actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suisse, botellon, actualité, jeunes, jeunesse, alcool
16.08.2008
Droit de vote à 16 ans
Le gouvernement du canton de Fribourg vient d’apporter son soutien à une motion populaire (mais d’origine socialiste) qui veut autoriser les jeunes à voter dès 16 ans, au niveau communal et cantonal. Le doit de vote à 16 ans est déjà en vigueur dans le canton de Glaris et à l’état de projet dans les cantons de Bâle-Ville et de Berne. Certains cantons rechignent mais d’ici quelques années il ne fait aucun doute que le droit de vote à 16 ans sera généralisé dans toute la Suisse et à tous les niveaux, communes, cantons, et Confédération. Car il s’agit bien sûr d’un « progrès », d’une « audace », d’une « ouverture », d’un « signal positif » donné aux jeunes. Il est donc interdit d’être contre.
Bah, il ne s’agit finalement que de combines de démocrates et ceci ne nous concerne guère ou plus. A la suite de l’inouïe scélératesse qu’a été l’accord des droits civiques aux étrangers ce n’est qu’un pas de plus dans la liquidation de toute véritable citoyenneté dans ce pays.
Cette extension des droits civiques (ou plutôt de ce qu’il en reste) aux adolescents– en attendant le droit de vote à 14 ans d’ici une quinzaine d’année, on parie ? - est aussi une occasion de plus pour la démocratie de s’autocélébrer et de dire tout le bien qu’elle pense d’elle-même, de la propagande en somme. Ce n’est pas cela qui fera monter les taux de participations aux votations et même les socialistes se trompent en pensant que cette mesure leur bénéficiera particulièrement.
Il n’empêche que cela risque de frotter sur certains points. Que l’on veuille abaisser la majorité civique à 16 ans, soit , mais il sera alors difficile de justifier le maintien de la majorité civile, pénale et sexuelle à 18 ans (1), sans parler des législations particulières comme celle sur l’alcool par exemple. On verra comment cela va se passer mais il y a fort à parier que cette mesure ne soit pas forcément positive à terme pour ces « jeunes » qu’il s’agit tant de vouloir « protéger » de tout.
W.
(1) en Suisse la majorité sexuelle est fixée à 16 ans mais n’est vraiment pleine et entière qu’à 18 ans… ce qui fait que personne n’y comprend rien.
16:01 Publié dans Politique, société, actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suisse, politique, société, actualité, jeunes, jeunesse, droits

