21.09.2008

Emma Bovary c'est lui.

D’après un article du Matin Dimanche certains parents tendance n’hésitent plus à appeler leur fils Emma.
On attend avec impatience le romancier qui nous livrera les secrets de  Monsieur Emma.

Une convulsion le rabattit sur le matelas. Tous s’approchèrent. Il n’existait plus.

W.

10.09.2008

Nicolas Gomez Davila (XV)

La tentation pour le communiste, c’est la liberté de l’esprit.

La personnalité, de nos jours, est la somme de ce qui impressionne les sots.

Nous convertir, c’est sentir que nous sommes en train d’inventer la religion à laquelle nous nous convertissons.

La tyrannie la plus exécrable est celle qui invoque des principes que nous respectons.

Les préjugés ont ceci de bon, qu’ils préservent des idées stupides.

Nous ne blâmons pas le capitalisme parce qu’il fomente l’inégalité, mais pour favoriser l’ascension de types humains inférieurs.

Pour la défense de la liberté, il suffit d’un soldat ; l’égalité, pour s’imposer, a besoin d’un escadron de policiers.

Démagogie est le mot qu’emploient les démocrates quand la démocratie leur fait peur.

Le catholique authentique n’est pas en deçà du blasphème, mais au-delà.

Le réactionnaire est l’instigateur de cette insurrection radicale contre la société moderne que la gauche ne cesse de prôner, mais qu’elle élude avec soin dans ses farces révolutionnaires.

L’angoisse devant le crépuscule de la civilisation est une affliction réactionnaire. Le démocrate ne peut gémir sur la disparition de ce qu’il ignore.

L’adhésion au communisme est le rite qui permet à l’intellectuel bourgeois d’exorciser sa mauvaise conscience sa abjurer sa condition de bourgeois.

Les révolutions démocratiques donnent le coup d’envoi des exécutions en annonçant la proche abolition de la peine de mort.

L’historien démocratique enseigne que le démocrate ne tue que parce que ses victimes l’obligent à les tuer.

Le communisme hait le capitalisme par complexe d’Œdipe.
Le réactionnaire, lui, ne fait que le considérer d’un Œil xénophobe.

 

Nicolas Gomez Davila, Les horreurs de la démocratie

07.09.2008

Nicolas Gomez Davila (XIV)

Spasmes de vanité blessée, ou de cupidité flouée, les doctrines démocratiques inventent les maux qu’elles dénoncent pour justifier le bien qu’elles proclament.

Dans la société médiévale la société est l’Etat ; dans la société bourgeoise Etat et société s’affrontent ; dans la société communiste l’Etat est la société.

La plus grande astuce du mal est sa transformation en un dieu domestique et discret, dont la présence familière nous réconforte.

Parmi les succédanés modernes de la religion, le moins abjecte est sans doute le vice.

Le péché originel du libéralisme est l’attribution à chaque individu de tous les attributs susceptibles d’appartenir à l’homme.

La culture n’occupera jamais les loisirs des travailleurs, parce qu’elle est le travail exclusif de l’homme de loisir.

Civilisation : c’est ce que les plus vieux parviennent à protéger contre les assauts des jeunes idéalistes.

Grâce à l’orgueil il parvint à la sainteté : Dieu lui paraissait le seul spectateur qu’il valût la peine d’intéresser.

Ne dépendre que de la volonté de Dieu : c’est là notre véritable autonomie.

Les vertus de la pauvreté ne fleurissent guère que chez le riche qui se dépouille de ses biens.

Le prestige de la liberté dans cette société qui professe un déterminisme scientifique est un vestige chrétien.

L’homme ne crée pas ses dieux à son image et à sa ressemblance, mais il se conçoit à l’image et à la ressemblance des dieux en lesquels il croit.

Le christianisme contrarie les banales exigences de la raison de l’homme pour mieux combler les aspirations profondes de son essence.

Marx enrôle au service du prolétariat les accusations contre la société bourgeoise formulées par les écrivains réactionnaires.

Critiquer le bourgeois est doublement applaudi : par les marxistes, qui nous jugent intelligents parce que nous corroborons leurs préjugés ; et par les bourgeois, qui nous jugent lucides parce qu’ils pensent à leur voisin.



Nicolas Gomez Davila, Les horreurs de la démocratie

31.08.2008

Nicolas Gomez Davila (XII)

Aujourd’hui, pour scandaliser qui que ce soit il suffit de lui proposer de renoncer à quelque chose.

 

Selon l’homme moderne, l’oppression commence là où l’on interdit quelque immondice.

Le chrétien passe sa vie à demander pardon, le socialiste à demander des primes.

 

Les civilisations entrent en agonie lorsqu’elles oublient qu’il n’existe pas seulement une activité esthétique,  mais aussi une esthétique de l’activité.

 

La difficulté croissante de recruter des prêtres doit faire honte à l’humanité, et non pas inquiéter l’Eglise.

 

Les survivants de la vieille bourgeoisie ont péri avec leurs dernières vertus dans la Première Guerre mondiale, ne léguant que leurs vices à un monde universellement embourgeoisé.

 

Aussi longtemps qu’on ne le prend pas au sérieux, celui qui dit la vérité peut survivre dans une démocratie. Ensuite, la cigüe.

 

La prolifération des parasites est appelée croissance du secteur tertiaire de l’économie.

 

Sans instruction primaire il est impossible d’abrutir définitivement un peuple.

 

Le monde où il vaudrait la peine de voyager n’existe plus que dans les vieux livres de voyage.

 

Les eaux de l’Occident sont corrompues, mais leur source est restée pure.

Nicilas Gomez Davila, Le réactionnaire authentique

28.08.2008

Nicolas Gomez Davila (XI)

A la tyrannie de nos supérieurs il ne nous est pas impossible de résister ; mais la tyrannie de nos égaux est irrésistible.

 

Les célébrités de notre temps restent imprégnées de l’odeur des laboratoires publicitaires où elles ont été fabriquées.

 

Ce que le moderne déteste dans l’Eglise catholique, c’est son triple héritage : chrétien, romain, et hellénique.

 

Les générations actuelles sont particulièrement ennuyeuses : en effet, comme elles croient avoir inventé la violence et le sexe, elles copulent doctrinairement et doctrinairement massacrent.

 

L’homme d’aujourd’hui est libre comme le voyageur perdu dans le désert.

 

Le chrétien progressiste flirte avec son adversaire pour se faire pardonner sa foi.

 

Les musées sont la punition du touriste.

 

Jamais l’humanité ne s’est plus laidement habillée qu’en ces temps de liberté vestimentaire. Les seuls vêtements décents pour l’homme sont les costumes traditionnels ou les uniformes.

 

L’asphalte des villes ne produit que des démocrates, des bureaucrates et des putains.

 

Le socialisme fait son fonds de commerce de la convoitise et de la misère ; le capitalisme, de la convoitise et des vices.

 

Nicolas Gomez Davila, Le réactionnaire authentique

26.08.2008

Nicolas Gomez Davila (X)

Marx n’est pas un prophète hébreu, mais un idéologue bourgeois. Ce qui l’inspire n’est pas un messianisme héréditaire, c’est l’optimisme de la bourgeoisie triomphante de son temps.

 

Le marxisme est la théologie puritaine de la religion bourgeoise.

 

Le christianisme peut vivre en concubinage légal avec le monde, mais pas en couple légitime.

 

Aujourd’hui on ne range pas une thèse aux archives parce qu’elle est fausse, mais parce qu’une plus récente a été publiée.

 

L’inflation économique de cette fin de siècle est un phénomène moral. Résultat, et à la fois châtiment, de la convoitise égalitaire.

 

Seule la « mélancolie des ruines » pourra quelque jour excuser ces édifices contemporains.

 

L’Occident flétrit à son contact tout âme non occidentale.

 

Le barbare se contente de détruire ; le touriste profane.

 

L’adulte intelligent est celui en lequel perdure l’enfant et meurt le jeune homme.

 

Même en matière de plaisir nous ne devons pas accepter les références égalitaires. Le plaisir d’un porc est un plaisir de porc.

 

 

Nicolas Gomez-Davila, Le réactionnaire authentique

24.08.2008

Nicolas Gomez Davila (IX)

La facilité avec laquelle le capitalisme industriel construit et détruit – en obéissant à d’évidents préceptes de rentabilité – transforme l’homme ordinaire en nomade intellectuel, moral et physique. Aujourd’hui, ce qui est permanent dérange.

 

Depuis plus d’un siècle il n’existe pas de classe supérieure. A peine un secteur plus prétentieux de classe moyenne.

 

Le chrétien sait que le christianisme boitera jusqu’à la fin du monde.

 

L’antisémitisme est un ferment démocratique. Dans la réaction, en revanche, se ramifie et se développe la notion centrale du judaïsme : la notion de créature.

 

Le totalitarisme n’est pas théocratique ou démocratique, il est démocratique parce qu’il est théocratique. La « volonté générale », c’est la volonté d’un dieu.

 

Etre intelligent, c’est n’avoir besoin de preuve absolue ni pour affirmer, ni pour se rétracter.

 

Monotone, comme l’obscénité.

 

Le gauchiste se refuse absolument à comprendre que les conclusions de la pensée bourgeoise sont les principes de la pensée de gauche.

 

La liberté à laquelle aspire l’homme moderne n’est pas celle de l’homme libre, mais celle de l’esclave un jour de fête.

 

Pouvoir offrir à l’adolescent que nous avons été ses ambitions irréalisées, mais ses rêves restés intactes.

 

 

Nicolas Gomez Davila, Le réactionnaire authentique

22.08.2008

Nicolas Gomez Davila (VIII)

« Nous voulons dès aujourd’hui fonder sur la terre le royaume céleste. »
Mais lequel, Heine ?
Le paradis socialiste dont on rêve dans la société de consommation, ou la société de consommation dont on rêve dans le paradis socialiste ?

C’est la disparition du paysannat et des humanités classiques qui a rompu la continuité avec le passé.

Le politique, dans une démocratie, devient le bouffon du peuple souverain.

Le mot tolérance désigne parfois la compassion du fort, plus souvent la couardise du lâche.

L’ultime dégradation d’un édifice, c’est sa conservation pour les touristes.

La modernité, à toute époque, est la livrée des intelligences domestiquées.

L’important, ce n’est pas de croire en Dieu, c’est que Dieu existe.

La dignité du peuple juif consiste en ce qu’il est le seul peuple métaphysique de l’histoire.

Les despotismes, finalement, ne rencontrent de résistance invincible, comme l’a bien vu Montesquieu, que dans la conscience religieuse. Propager l’athéisme est l’arcanum imperii de la tyrannie.

L’unique raison d’espérer a été exprimée à la perfection par Huizinga dans ses derniers mots : « Heureusement l’homme n’a pas le dernier mot. »



Nicolas Gomez Davila, Le réactionnaire authentique

20.08.2008

Nicolàs Gòmez Dàvila (VII)

 

Le christianisme a préféré la métaphore à la littérature, pour ne pas manquer de respect au mystère.

 

Pour se faire pardonner le soupçon de bon goût qui lui échappe, l’écrivain actuel le place entre une indécence et une grossièreté.

 

Lorsque la rouerie commerciale des uns exploite la crédulité culturelle des autres, on parle de diffusion de la culture.

 

Tout professeur n’est pas idiot, mais tout idiot est professeur.

 

Depuis deux siècles on appelle « libre penseur » celui qui prend ses préjugés pour des conclusions.

 

Quand nous portons un jugement de valeur, n’invoquons jamais l’autorité de qui que ce soit. Le jugement de valeur s’appuie sur lui-même. Tout argument le dégrade.

 

On a parfois l’impression que l’ « instruction religieuse » a été inventée pour contrecarrer l’efficacité religieuse de la liturgie.

 

Il semble que le passé n’ait pas laissé d’héritiers.

 

Les drapeaux, dans les « fêtes patriotiques », devraient être en berne.

 

Tout ecclésiastique tend à confondre le blasphème avec le coup d’épingle qui dégonfle sa suffisance.

 

Nicolás Gómez Dávila, Le Réactionnaire authentique

18.08.2008

Nicolàs Gòmez Dàvila (VI)

 

 

La compassion, en ce siècle, est une arme idéologique.

 

L’homme moderne est alternativement visqueux et dur comme pierre. Quand il cesse d’être sentimental il devient impitoyable.

 

Rien de plus dangereux que de heurter les préjugés de qui affirme en avoir aucun.

 

L’instruction ne guérit pas la bêtise, elle lui donne des armes.

 

Le nazisme n’a pas été coupable seulement des atrocités qu’il a commises. En se prétendant proche de certains nobles thèmes de la méditation germanique, il a en même temps assassiné l’espérance d’une nouvelle floraison de l’Occident.

 

Se rebeller contre l’inévitable et se résigner à l’évitable : c’est ce qui caractérise l’homme moderne.

 

Le penseur contemporain nous conduit par un labyrinthe de concepts jusqu’à un lieu commun.

 

Dans les époques assurées d’avoir résolu leurs problèmes, il revient à l’intelligence de rouvrir la porte aux fantômes.

 

Apprendre que les biens les plus précieux sont les moins rares demande un long apprentissage.

 

Quand on a vu comment le travail exploite et ravage le monde, la paresse nous semble la mère de toutes les vertus.

 

Nicolás Gómez Dávila, Le Réactionnaire authentique

Toutes les notes