29.06.2009

Les assistants sexuels. «  Je brise un tabou donc je suis » ou quand le plus vieux métier du monde se fait citoyen

C’est un nouveau tabou qui vient de tomber et une nouvelle avancée qui vient d’être faite. En effet, le samedi 13 juin dernier au Buffet de la Gare de Lausanne six hommes et quatre femmes on reçu en présence d’une centaine de personnes proches des handicapés leur diplôme d’ « assistants sexuels » décerné après  une formation d’une vingtaine d’heures s’étalant sur une année. Le travail de ces assistants sexuels consistera à fournir aux personnes handicapées différentes « prestations d’ordre corporelle et érotique » telles que massages et  aide à la masturbation. Il n’est cependant pas prévu que ces assistants sexuels fournissent des rapports sexuels complets. Ces prestations seront facturées au prix de 150 fr. l’heure
Pour les initiateurs de ce projet que sont entre autres la SEHP (Sexualité et handicaps pluriels) et Pro Infirmis c’est un tabou qui est tombé et un premier pas vers la reconnaissance « de l’universalité des pulsions et besoins sexuels fondamentaux de l’être humain, handicapé ou non ».
Pour le Conseiller national écologiste Luc Recordon,  l’ « assistance sexuelle est une activité d’intérêt public que le monde politique doit regarder avec bienveillance ». Pour ce dernier, « l’idéal serait bien sûr que les représentations liées au « mystère de l’attirance sexuelle » changent et n’excluent personne ». (Source : 24Heures du 16 juin 2009).
Pour  en  arriver là il a fallu vaincre quelques réticences, celles des donateurs de Pro Infirmis notamment, dont l’esprit pudibond imaginait mal que leur argent serve à étudier la meilleure manière de prodiguer une fellation à un hémiplégique.

Voilà. Mais voilà quoi ? De la prostitution me direz-vous. D’accord, mais pas n’importe laquelle. D’ailleurs, on peut même supposer que les initiateurs de cette nouvelle profession voient dans la prostitution une forme d’esclavage ou de « violence faite aux femmes » et qu’ils font partie de ceux que rêvent de mettre les michetons en cabane ou, à défaut, de les soigner. En fait, ces assistants sexuels et ceux qui les ont inventés inaugurent une  nouvelle forme de prostitution, la prostitution citoyenne, à savoir une prostitution pour la bonne cause, qui lutte pour des droits et contre des discriminations et qui s’invente un tabou pour pouvoir le briser avec fierté en tortillant du fion en n’oubliant pas de revendiquer une reconnaissance pour pouvoir toucher des subventions. En fait rien que de très banal de nos jours.

Accessoirement, on distingue dans cette affaire une des principaux fantasmes modernes, celui d’une sexualité dépouillée de tout négatif qui serait une activité à la fois fun, ludique et thérapeutique, à l’égal du nordic-walking, et bien sûr égalitaire, ce que résume si bien le triste Luc Recordon lorsqu’il prétend vouloir changer les représentations liées « au mystère de l’attirance sexuelle » pour qu’elles  n’excluent personne ». On pourrait rappeler à ce dernier qu’est désiré ce qui est  déjà désiré, d’où toutes sortes de problèmes dont la littérature fait état depuis quelques siècles si ce n’est quelques millénaires, mais passons, cela nous entraînerait trop loin.

Mais dans le fond, et même si ses protagonistes n’en ont pas vraiment conscience, la création des ces assistants sexuels n’est qu’un exemple de plus de cette propagande permanente dont nous avons parlé dans un précédent article.
On  y retrouve en effet  l’habituelle structure « tabou brisé » - « avancée » et « nécessité d’aller plus loin ». En  fait, les initiateurs de cette profession se fichent éperdument des besoins et des désirs des handicapés. Cette opération  n’est que pure idéologie et n'a consisté pour ses initiateurs qu’à briser un tabou  inexistant, revendiquer de nouveaux droits et montrer qu’ils sont dans le camp du Bien. A l’heure qu’il est ils doivent  déjà être en train de plancher sur leur prochaine « avancée », on attend le résultat avec une certaine impatience.

26.05.2009

Le zizi citoyen

Elle ferme le 28 juin, il ne faut pas la rater, c’est vachement important car elle vainc les préjugés, dédramatise, brise les tabous, est fun, ludique, provocante, interactive, citoyenne, tolérante didactique, pleine de couleurs et contribue à une monde meilleur. C’est bien sûr de l’expo  Zizi sexuel dont il s’agit, que l’on peut visiter encore pendant un mois à Genève.
Franchement, j’hésite à y aller pour vous. Mais bon,  ce serait sans doute prendre le risque de se voir accuser de porter une curiosité malsaine à la « sexualité des ados et des préados ». Car cette sexualité, voyez-vous, elle est parfaitement saine, sans problèmes, facile, joviale et souriante, bref trop mignonne. Elle est aussi pleine de couleurs, de rose et de rouge au point qu’elle ressemble à la chambrette d’une petite fille de huit ans. Et surtout, cette sexualité est simple, il n’y a qu’à peser sur des boutons, c’est un jeu éducatif conseillé aux enfants dès 3 ans, c’est mieux que les Légos. Et surtout on a pris soin de ne pas y inviter le grand méchant loup.
Mais loin de vouloir parler simplement de sexualité cette expo explique aussi l’amour aux ados et préados, c’est ludique et citoyen  l’amour, quelques siècles de littérature sont là pour le démontrer, deux ou trois  expériences vécues aussi, vous serez sans doute d’accord avec moi.

C’est vrai que cette expo est passionnante car elle nous apprend comment les adultes (enfin ce qu’il faut bien appeler des adultes) fantasment  la sexualité des enfants et des adolescents et surtout la sexualité dont rêvent ces adultes pour eux-mêmes, c'est-à-dire une activité récréative à consommer avec modération après le jogging et avant le repas bio.
Le grand méchant loup n’a as fini de se marrer.

26.07.2008

Quelques remarques sur l'homosexualité et le mouvement gay

Il y a quelques jours, un de mes billets a été repris sur un  blog gay nommé « les Toiles roses » – ce qui est déjà tout un programme – dans la rubrique « citations philes et phobes » ce qui a eu pour effet de faire exploser mes statistiques. Je profite donc de ce nouveau lectorat pour exposer ici quelques remarques sur l’homosexualité et le mouvement gay.

En elle-même, l’homosexualité n’a guère d’intérêt. Il ne s’agit finalement que de quelques pratiques charnelles – on devrait plutôt parler d’ « homogénitalité » -  et chacun sait qu’entre une solide amitié et l’homosexualité il n’y a qu’un lit de distance et que Marlon Brando était foutrement beau.

Peu importe également ce qu’en disent psychologues et psychanalystes. A ce niveau, l’explication la plus intéressant est probablement celle de René Girard qui voit dans l’homosexualité un résultat possible des rivalités mimétiques.  Quant à la Bible, elle condamne l’homosexualité au même titre qu’elle condamne l’inceste ; pas tant donc tant que pratique privée mais parce qu’on savait très bien déjà à l’époque qu’une société dans laquelle tout le monde couche avec tout le monde – papa avec la fille ou le fiston, maman avec le beau frère ou grand- maman, etc. -  une société indifférenciée donc, est condamnée à la violence et ne peut survivre.

Il y a toujours eu des homosexuels dans toutes les sociétés. Et toutes les sociétés ont toléré l’homosexualité à des degrés divers, l’acceptant dans certaines circonstances ou à certains moments (dans le cadre de rituels par exemple) et en développant des institutions ou des espaces dans lesquels elle pouvait se réfugier ou s’exprimer, comme la virile camaraderie militaire ou sportive. Jusqu’à une date récente, les homosexuels pouvaient même se vanter à juste titre d’être une population subversive, et peut-être plus créatrice que la moyenne. Et c’est justement ce qui est aujourd’hui terminé. Car,  encore considérée comme un délit par la plupart des codes pénaux des pays occidentaux il y a encore une petite quarantaine d’années, ces mêmes codes pénaux condamnent ou menacent de condamner aujourd’hui non seulement toute hostilité envers l’homosexualité ou les homosexuels mais même toute réserve envers le « mariage homosexuel », l’adoption d’enfants par des couples homos, les frasques des gay prides , etc.

Bref, en quelques années, l’homosexualité est passée du statut de vice condamné par la loi à celui de norme sociale encouragée par toutes sortes d’actions de prosélytisme ou de propagande. De population variablement  persécutée et condamnée, les homosexuels se retrouvent maintenant du côté de la loi, de la morale et de la vertu, du camp du « Mal » l’homosexualité est passée au camp du « Bien » et il n’est vraiment pas sûr qu’elle y ait gagné quelque chose.

Les raisons de ce changement sont difficilement explicables mais la grande lessive des années 60 allait permettre au monde moderne  de se consacrer entièrement  à son idéal de construction d’un «homme nouveau » ou plutôt d’un « humain nouveau » débarrassé de toute identité et qui ne sera plus qu’une simple unité biologique de consommation et de production – ce qui contente à la fois le socialisme le plus délirant et le libéralisme le plus débridé. C’est cela « Mai 68 ».

C’est aussi le moment du triomphe du fantasme d’une sexualité que ne serait récréative, fun et ludique – donc en clair du  rejet de la sexualité. Corollaire : apparition d’un arsenal législatif destiné à réprimer les « comportements incorrects » qui aurait effrayé même les pires dévots du 17ème siècle. Exhibition et répression sont les deux faces de la sexualité de la démocratie terminale.

Débarrassé de tout réfèrent moral ou philosophique si ce n’est l’égalitarisme et les droits de l’homme la démocratie terminale n’est régulée en dernier ressort que par le droit et le marché  Elle est devenue le champ de bataille sur lequel s’affronte une multitude de lobbys de groupes et d’associations qui revendiquent toujours plus de droits et d’égalité, c’est à dire de privilèges.

Le « mouvement gay » n’est rien d’autre que l’un de ces groupes condamnés à revendiquer ou à disparaître. Gageons que nous allons l’entendre encore très longtemps quelles que soient les victoires obtenues. Des victoires, des « progrès » dont les pionniers du mouvement doivent encore être stupéfaits de la facilité avec laquelle ils ont été obtenus.

Il n’empêche que cette quête schizophrénique d’une égalité qui serait à la fois un droit à la différence et à l’indifférence, et la concurrence interne des associations que le compose, fait du lobby gay une des machines à revendiquer des droits parmi les plus hargneuses ; c’est aussi la plus odieuse parfois avec le chantage à l’outing (ou quand les gays deviennent homophobes),  mais surtout une des plus pathétiques et pitoyables car ne parvenant finalement jamais à sortir des stéréotypes les plus éculés sortis de la cage aux folles ou des Village People.

Je veux cependant bien croire qu’il n’est pas plus facile d’être homosexuel aujourd’hui qu’il y a un siècle. Tout d’abord parce qu’il est interdit de faire de son homosexualité quelque chose d’uniquement privé, l’exhibition étant obligatoire et que, d’autre part,  les gays auraient tort de croire que les courbettes que leur font politiciens et médiatiques sont sincères car ces derniers sont terrorisés à l’idée de passer pour homophobes, ce qui ruinerait leurs carrières encore plus sûrement que des accusations de racisme ou d’antisémitisme et c’est cette même crainte qui retient tout le monde de rire de la comédie burlesque que sera toujours un "mariage homosexuel"

Dans le fond, je comprends le « combat » des homosexuels. Le dressage des populations et l’intimidation ont leurs limites. Les gays savent bien qu’ils seront finalement toujours considérés comme des « pédés ».

W.

23.06.2008

Brève du 23 juin 2018

« La ministre européenne déléguée aux sexualités alternatives s’est émue dans un communiqué de presse du faible taux d’apprenants homosexuels déclarés dans les hautes écoles helvétiques. Ce taux qui ne saurait refléter la réalité selon la ministre n’a en effet pas augmenté depuis deux ans et fait de la Suisse un mauvais élève dans ce domaine. Pour rattraper son retard, le pays devra encore développer plus d’efforts de sensibilisation aux sexualités alternatives dans le cadre scolaire et notammment au niveau de l'école maternelle.»  ATS 23.06.2018

W.

08.06.2008

Pédophilie

Il est intéressant de constater que l’hystérie antipédophile (que l’on peut dater de l’affaire Dutroux) se développe en parallèle à la liquidation des interdits ou des tabous sexuels.

Tous les tabous étant brisés et l’indifférenciation sexuelle progressant, la pédophilie apparaît comme l’ultime interdit permettant de dissimuler l’élimination de tous les autres. 

Plus ou moins consciente des désastres causés par la liquidation de ces interdits, la société moderne s’accroche à la pédophilie comme à un fétiche qui lui permet de croire que tout n’est pas terminé.

Bien sur, cette hystérie ainsi que l’étalage quasi quotidien des affaires de pédophilie dans des médias qui se gênent de moins en moins d’étaler avec force détails les actes auxquels se livrent les pervers sur leurs victimes ne font que banaliser l’idée que les enfants sont des objets sexuels presque comme les autres, certes encore interdits...mais pour combien de temps?

Le monde moderne nous réserve encore bien des surprises désagréables. 

W.