22.07.2009

L'ennemi

Il faut bien que tu comprennes que notre ennemi n’est pas le criminel.Mais qui est notre ennemi alors, Maître ? Notre ennemi, c’est lui (le Maître désigna alors sur l’écran un homme).  C’est lui que nous devons  contrôler et surveiller. Comment nous y prendre, Maître ? Il y a d’innombrables moyens, cher Disciple. Il y a le spectacle et la fête, mais cela ne suffit pas car il doit vivre dans la crainte et pour cela il y a le criminel, le criminel est notre ami. Tant qu’il a peur il nous mangera  dans la main et nous obéira. Mais attention, il ne doit pas être désespéré. Tant qu’il croira pouvoir jouir de sa petite retraite dans son petit pavillon nous n’aurons rien à craindre de lui.

21.07.2009

Le compte à rebours de l'humanité - un texte indédit de Philippe Muray

Un texte inédit de Philippe Muray piqué sur Cultural Gangbang

Le compte à rebours de l'humanité

L'indifférenciation est la forme d'accord ultime avec le monde dans lequel nous vivons. Elle est aussi l'argument par lequel ce monde entend nous convaincre, définitivement et sans réplique, de sa bonté illimitée, de sa bienfaisance et surtout de son innocence. Par elle, tous les prestiges de l'ordre moderne mondial s'assurent une domination sans contrepartie. Le carnaval des identités floues, la poésie, l'idylle joyeuse, l'oubli du passé, le réenchantement de l'existence, la prévention du Mal et des aléas de la vie par la destruction de l'autre (de toutes les singularités adverses), y trouvent un nombre considérable de débouchés. Enfin et par-dessus tout, l'indifférenciation est la voie ouverte à l'inceste, notre horizon impensé, encore plus ou moins lointain, mais déjà si délectable.

L'Empire mondial lui-même (en gros, les États-Unis, mais pas seulement) est indifférenciant, avec ses valeurs fondées sur l'évidence, ses intentions irréversibles, son Bien qu'on ne discute pas, sa détermination avouée d'en finir une bonne fois avec tout ce qui ne relève pas encore, ici ou là, de la démocratie et du l'humanitaire mondialisés. L'Europe divine telle qu'elle s'impose contre les peuples marche dans la même direction. Et tout cela se chante dans l'espèce de créole planélaire anglo-babélien qui est la langue même de l'indifférenciation.

Cependant, il n'est pas besoin d'être très freudien pour identifier, à travers ce grand mouvement occidental d'effacement de toutes les différences, sous les masques les plus divers et les arguties les plus sophistiquées, la réalisation collective de la pulsion de mort, c'est-à-dire le vieil idéal de rétablissement d'un état antérieur à la vie et à l'Histoire, état auquel nous avons dû renoncer précisément quand nous sommes entrés dans l'Histoire. Le sexe, les sexes, la guerre des sexes, toute cette fatigante épopée à base d'exogamie et d'effroi de retomber dans le Même, dans l'inceste, dans la répétition et dans l'inerte, perdent ce qui leur restait de séduction face à la perspective de retrouver la paix en effaçant toutes les différences encore existantes et en ramenant l'organique à l'inorganique. De ce point de vue l'histoire de l'Occident, et plus généralement de tous les pays qui accèdent et accéderont à la démocratie et à l'humanitaire, n'est plus que celle d'un compte à rebours fatal déjà largement entamé. L'humanite y retourne à sa disparition.

Cette situation devrait faire peur ; mais, par un paradoxe étrange, elle apparaît au contraire généralement comme enchanteresse. C'est qu'elle procède de l'effondrement des interdits anciens et des rituels de filiation, et qu'elle s'accompagne de l'effacement des vieilles instances symboliques. Toute transcendance terrassée, toute verticalité anéantie au profit d'un lien horizontal qui ne paraît étouffant qu'aux mauvais esprits, commencent alors les bacchanales de la promiscuité (notamment par la dissolution des différences sexuelles et générationnelles), d'autant plus gratifiantes qu'elles s'élaborent sur la défaite du vieux monde, et qui ne se connaissent plus qu'une seule limite : la pédophilie, devenue obsessionnelle pour ne pas voir qu'elle est une conséquence parmi d'autres de ce système de dissolution des différences partout ailleurs encensé.

Bien entendu, cette volonté d'indifférenciation généralisée est aussi une farce. Une farce contemporaine. Elle se construit, avec la complicité crédule de tout le monde, sur la dénégation d'un certain nombre de différences de toute façon irréductibles, à commencer par la morphologique. On ripostera donc que ces différences irréductibles ne sont elles-mêmes que des constructions culturelles. On accablera sous le nom d'«idéologie naturalisante» (c'est très vilain l'«idéologie naturalisante») l'obstination résiduelle et véritablement réactionnaire à présenter la différence des sexes comme une donnée inaltérable. On dira que l'anatomie est trompeuse. On s'appuiera sur de récents travaux scientifiques d'anthropologues ou de généticiens pour affirmer que la spécificité des deux sexes semble de plus en plus indéfinissable. On ressortira l'exemple des hermaphrodites. On rappellera que les femmes aussi fabriquent de la testostérone et les hommes des oestrogènes. On chantera les merveilles de l'ectogénèse. On expliquera que, dans un avenir proche, la déjà très modeste contribution masculine à la fécondation ne sera plus qu'accessoire. On montera en épingle l'exploit de ces biologistes japonais qui ont réussi à créer en laboratoire une souris issue d'un ovule fécondé par un autre ovule et sans apport de sperme.

Par-dessus tout, on se réjouira de pouvoir annoncer le proche achèvement des grands travaux de déconstruction des identités sexuelles, devenues de simples rôles sur le nouveau théâtre du genre et qui, comme tels, peuvent avantageusement être changés, permutés, en tout cas entraînés dans une joyeuse farandole de nouvelles différences biscornues, floues, interchangeables et pratiquement démultipliables à l'infini.

Car il faut tout de même encore, chemin faisant, et tandis que s'intensifient ces grands travaux, que l'on offre des différences de substitution à des individus qui, bien que prêts à plonger sans retour dans le grand bain néo-amniotique de l'indifférenciation, continuent à repérer des différences entre eux, dans leurs personnalités, leurs capacités, leurs modes d'actions, leurs comportements. Ainsi l'indifférenciation a-t-elle la bonté d'assurer aux différences qu'elle déconstruit une seconde vie, une existence de consolation et de remplacement par multiplication de petites différences résiduelles fondées sur des manies, des acharnements, des inclinations particulières, mais toujours puissamment alimentées par l'électricité très spéciale d'une libido qui supplante aujourd'hui toutes les autres et dont les médias raffolent parce qu'elle garantit une accumulation d'événements de tout repos : la libido judicandi, où toute envie du pénal trouve son apothéose.

De ce point de vue, les histoires édifiantes commencent à proliférer, et elles sont toujours contées sur ce mode à la fois épique et chafouin qui est un des styles les plus réussis de l'époque. Pour qu'une belle histoire d'indifférenciation (c'est à-dire, concrètement, de transsexualité, d'homoparentalité, de mariage gay, etc.) captive les foules, il faut qu'elle puisse être narrée comme une conquête en cours contre les forces les plus obscurantistes encore existantes, comme la geste héroïque de quelques pionniers ou pionnières aux projets irréprochables mais constamment minés par un complot réactionnaire universel et increvable. L'issue du combat devra rester incertaine, du moins dans le discours qui le chante, ne serait-ce que pour soutenir l'intérêt tout le temps qu'il se développe, et bien que chacun sache d'avance quelle en sera la conclusion. Le nouveau, de toute façon, et au bout du compte, doit toujours l'emporter sur l'ancien, même si, chemin faisant, il se donne l'apparence de ne pas connaître cette loi qui lui est si favorable. C’est ainsi que dans la presse, ces derniers temps, et pour ne prendre que cet exemple, s'est émue de la juste lutte de Gabrielle et d'Évangéline, deux jeunes femmes qui vivent ensemble dans la région de Nantes. La première, Gabrielle, a eu un enfant par insémination artificielle. Du coup Évangéline, sa compagne, réclame en tant que «père» des prestations à la Sécurité sociale, et d'abord le droit comme tous les pères (bien qu'elle se fasse appeler «maman» par le rejeton de Gabrielle) à un «congé paternité». Devant la résistance de la Caisse d'allocations familiales de Loire-Atlantique, qui envisage toutefois la modification de son logiciel afin de pouvoir enregistrer Gabrielle et Évangéline comme parents sous les appellations de «madame et madame», elles attaquent celle-ci en justice pour «faire du raffut afin que les choses bougent». D'ores et déjà les arguments de leurs adversaires («Nous ne faisons qu'appliquer une loi disant que les congés paternité sont attribués au père de l'enfant : aux dernières nouvelles, un papa ne peut pas être une maman») apparaissent de peu de poids face à la volonté de si intéressantes et dérangeantes guerrières. Mais la chose se corse encore lorsqu'on apprend qu'à son tour Évangéline est enceinte, par le même procédé que sa compagne, et qu'elle va donc avoir droit elle aussi à un congé maternité tout en persistant à revendiquer un congé paternité puisqu'elle continue à se définir comme la figure paternelle de l'enfant de Gabrielle.

Une telle situation, qui pourrait encore se complexifier, promet de savoureux procès en série, et on pourrait imaginer qu'ils seront sans fin puisque, en régime d'indifférenciation triomphante, les nouvelles différences sont elles-mêmes démultipliables à l'infini.

Plus généralement, dans le compte à rebours global de l'espèce, se profilent de nouvelles histoires d'après l'Histoire, de nouveaux contes, de nouvelles brassées de contes, de contrecontes et d'anti-contes ; et tous, d'une manière ou d'une autre, racontent le retour à l'état inerte et indifférencié d'avant la vie et d'avant l'Histoire. Ou, plutôt, ils raconteraient ce retour si on était encore capable de les déchiffrer de cette manière. Mais notre civilisation, qui a entrepris le grand retour à l'inorganique, met également tous les moyens en oeuvre pour que ces capacités de déchiffrement, liées aux anciennes conditions historiques, s'effacent des consciences. Elle s'est jurée d'être la première à ne pas laisser en son sein naître d'ennemis mortels. Elle y réussit d'autant mieux qu'elle est elle-même la mort.

06.07.2009

Quelques remarques sur l'avortement

Mettons déjà une chose au point. Je suis tout à fait pour le droit à l’avortement. Même si je ne vois pas dans ce droit un progrès pour l’humanité mais la simple reconnaissance d’un fait. L’avortement a toujours existé et, Dieu merci, sa légalisation permet d’éviter à des gamines de 20 ans de crever avec des aiguilles à tricoter enfoncées dans le ventre. De plus, étant fort peu porté sur les enfants, je me dis qu’un avortement ça fait toujours une de ces créatures qui ne viendra pas hurler sous mes fenêtres en faisant de la trottinette le dimanche matin à 9h, c’est déjà ça de gagné.
Mais, seconde mise au point, il est parfaitement clair que la vie humaine, ou plus simplement que la vie d’un homme ou d’une femme commence à la conception. Les discussions sur les délais n’ont aucun sens, que ce soit à 8 jours de la conception ou à 8 jours du terme c’est la vie d’un homme ou d’une femme qui est éliminée lors d’un avortement.  Mais ce n’est pas un problème pour moi car je dois avouer là aussi que j’ai fort peu d’amour pour l’écrasante majorité des près de six milliards huit cent millions d’individus qui encombrent notre planète et surtout les transports publics de mon bled et  les rayons du supermarché où je vais faire mes courses. Dieu que la vie serait plus agréable si il y avait six milliards d’habitants en moins. Une réduction spectaculaire de la population mondiale, voilà ce qu’il nous faut, c’est d’ailleurs l’aboutissent logique de toute la vomitive idéologie écologiste dont on nous bourre le crâne depuis des années, on finira bien par y arriver. Paradoxalement je hais l’écologie sous toutes ses formes et un bon écologiste est un écologiste mort, c’est donc que j’ai plus d’amour en moi que je ne le pense et que je ne pense pas tout ce que je dis. Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos morpions avortés.

Il y a quelques années, à l’occasion de la votation sur l’initiative dite des délais j’avais pris la peine de rechercher le nombre d’avortements pratiqués par année en Suisse. Je dis bien pris la peine car il me semble que lorsque la question de l’avortement est évoquée dans les médias on ne cite que rarement des chiffres et puis, après tout, je considérais la question de l’IVG  dépassée et négligeable et m’étonnais même de la dimension prise par le débat sur cette question vu la facilité d’accès aux méthodes de contraception et à l’éducation sexuelle et j’estimais le nombre d’avortements pratiqués en Suisse qu’à quelques dizaines par année.
Je fus donc surpris de tomber sur le chiffre de 12'000. C’était il y a quelques années et aujourd’hui, la tendance étant à la baisse, nous en sommes aux environs de 10'000. En France, c’est environ 210'000, 114'500 en Allemagne et 198'500 au Royaume-Uni (chiffres de 2007 ou 2008) je m’arrête là. Avouez que ce n’est pas rien. En Suisse, en 10 ans, les avortements représentent l’équivalent de la population d’une ville comme Lausanne. Pour ce qui est de la France, il suffit de six ans et demi pour arriver à un chiffre comparable au nombre de soldats français tués pendant la « boucherie » de la Première Guerre Mondiale, 1'365'000. Bien sûr, on peut relativiser, et dire qu’en France il n’y a que 14,5  IVG pour 1000 femmes de 15 à 49 ans et 6,5 pour mille en Suisse. Ce sont d’ailleurs ces chiffres relatifs qui sont le plus souvent cités et qui sont considérés comme reflétant le mieux la réalité de l’avortement, comme s’il y avait une certaine gêne à parler en chiffres absolus. Pourtant, si l’on dit que  les 80'000 juifs français ou raflés sur le territoire français et tués pendant la Shoah ne  représentaient finalement que le 1,95 pour mille de la totalité de la population française de l’époque on s’exposerait sans doute à quelques problèmes.

Avant de vous laisser méditer sur ces chiffres, je vous rappelle que nous vivons dans une société qui ne cesse de vénérer la vie et qui idolâtre les enfants.

11.06.2009

L’initiative contre les minarets. Une initiative contre-productive

Le corps électoral suisse votera finalement sur l’initiative dite des minarets et qui vise à interdire la construction de ces édifices sur le territoire helvétique. A la suite du Conseil national le Conseil des Etats a certes massivement rejeté cette initiative sans lui opposer de contre-projet mais a décidé tout ne même de la déclarer recevable et de la soumettre au verdict des urnes bien qu’elle ne soit guère compatible avec le droit international. Les sénateurs ont donc décidé de faire passer les droits constitutionnels suisses avant le droit international, c’est déjà une bonne chose vu l’illégitimité de ce dernier.


Cette initiative n’est pourtant guère satisfaisante. Lancée par un comité proche de l’UDC et de l’Union démocratique fédérale (UDF) elle veut lutter contre  une « islamisation rampante » du pays. On pourrait déjà trouver cette initiative bien timide car ce n’est pas à une « islamisation rampante » que la Suisse se trouve confrontée mais, comme tous les autres pays européens, à une véritable colonisation musulmane mais le pire est que, quelque soit le résultat de la votation populaire, c’est l’islam qui en sortira triomphant.
En effet, à moins que l’initiative soit massivement acceptée à un taux d’au moins 75%, c’est bien l’islam qui sera le vainqueur du scrutin. Une acceptation timide déclenchera un raz de marée islamophile dans un establishment qui se ruera à  la défense des musulmans en prenant la pose  de ceux qui résistent au retour « des heures les plus sombres de notre histoire ». On connaît le couplet, il nous sera déjà servi pendant la campagne des votations. A propos des minarets eux-mêmes on verra en cas d’acceptation de l’initiative des édiles communales proposer gracieusement aux frais du contribuable la construction de minarets et de mosquée tout confort aux musulmans de leurs communes, toujours au nom de la tolérance et du refus de toute discrimination. En cas de rejet de l’initiative, ce qui est l’hypothèse la plus probable, l’establishment n’en pourra plus de se féliciter de l’ouverture au monde  et de la tolérance des Suisses et y verra le triomphe définitif d’une Suisse multiculturelle.
En ce qui concerne les musulmans de Suisse eux-mêmes, une acceptation leur permettra de prendre la pose de victimes discriminées et leur vaudra le soutien total de l’establishment comme je l’ai dit ci-dessus alors qu’un rejet les confortera définitivement dans l’idée que l’islam a une place légitime en Suisse, une place appelée à devenir de plus en plus large. Un refus sera surtout interprété par les musulmans comme une preuve de plus de la faiblesse de l’occident.  Bref, refusée comme acceptée, cette initiative risque fort d’atteindre le but inverse que celui qu’elle se proposait en accélérant l’islamisation du pays. Dans ce sens, il aurait mieux fallu que le Parlement décide de la déclarer invalide.

Les débats au Conseil des Etats, et surtout les interventions des opposants à l’initiative reprennent pour l’essentiel les arguments qui ont été opposés à cette initiative dès son lancement. Relevons les plus intéressants en commençant par  celui qui voit dans cette initiative un « retour à l’époque où l’on stigmatisait les minorités religieuses ». Cet argument, particulièrement niais, met sur un même plan la colonisation actuelle du pays par l’islam avec les querelles internes au christianisme et à la Suisse du 19ème siècle - la question des clochers notamment, longtemps interdits sur les églises catholiques dans les cantons protestants – alors que l’islam nous est foncièrement étranger. L’islam n’est pas non plus une petite secte protestante de la Broye  vaudoise comptant 150 membres puisqu’il  y a près d’un demi-million de musulmans en Suisse aujourd’hui, un nombre appelé à croître de façon exponentielle, l’islam ne saurait donc être considéré comme une minorité religieuse. Il y a même fort à parier que l’islam sera bientôt la première religion pratiquée en Suisse, si ce n’est pas déjà le cas. Inutile de compter sur le temps et une éventuelle intégration non plus car plus une communauté est nombreuse et moins elle s’intègre ou s’assimile. L’immigration n’est pas  une question d’individus mais une question de démographie, de masse critique. Nous sommes dans un rapport de force avec l’islam, que nous le voulions ou non et que les musulmans de Suisse le veuillent ou non. Il s’agit de bien s’imprimer cela dans le crâne. C’est peut-être malheureux, mais c’est comme cela.

D’ailleurs, il est remarquable que nombre des arguments opposés à l’initiative des minarets montrent, sans que leurs auteurs le reconnaissent, la peur qu’inspire l’islam. Pour certains,  l’acceptation de cette initiative serait un boulevard ouvert aux islamistes, d’autres voient dans cette initiative un danger pour la sécurité du pays, un danger non seulement pour les Suisses ou les intérêts suisses dans les pays musulmans mais également un danger pour la sécurité intérieure du pays. L’islam est donc bel et bien considéré comme un danger pour le pays même au plus haut niveau du pouvoir politique. C’est là un espoir. Mais il ne faut pas oublier que si la peur a un aspect positif qui est celui d’activer les mécanismes de défense, de refus et de résistance, elle incite  le plus souvent à la soumission la plus servile devant le danger ou l’ennemi. Je crois qu’il est inutile de préciser comment réagissent et réagiront à l’avenir nos politiciens et notre establishment face à cet islam qui leur fait peur.

12.02.2009

Journée Internationale des enfants soldats

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Saluons cette heureuse initiative des fonctionnaires onusiens. Car quel enfant n’a jamais rêvé d’être un soldat ? Et comme le dit très bien Jean Raspail il y a de l’enfant dans chaque soldat et du soldat dans chaque enfant. Et puis cette journée internationale décidément très pertinente contribuera peut-être à réinsuffler à nos bidasses un « esprit fantassin » qui se perd de plus en plus

07.02.2009

Andreas Gross, le droit de vote à 12 ans et l'hyperdémocratie

La proposition du député socialiste zurichois Andreas Gross « spécialiste de la démocratie directe » d’abaisser l’âge du droit de vote à 12 ans ne mérite même pas que l’on s’énerve en y voyant de la démagogie ou un nouvel effort d’endoctrinement des jeunes.
Non, il ne sert à rien de s’énerver car ce genre de proposition est dans la nature même de la démocratie telle qu’elle est aujourd’hui. Le droit de vote à 12 ans est parfaitement dans la logique et la dynamique de cette "hyperdémocratie" qui ne peut rien faire d’autre que « d’aller de l’avant » vers « plus de droits, de démocratie et de progrès ». On peut même s’étonner de la timidité de la proposition de Gross qui, visiblement pas encore débarrassé de toutes ses préjugés, n’a pas directement proposé le droit de vote dès l’âge de 3 ans. Ce sera sans doute pour la prochaine fois.

Nous n’avons donc pas fini de subir des progrès d’une parfaite aberration, que peu approuvent sérieusement mais que personne ne condamne clairement car toute opposition radicale à une idée telle que celle de Gross se verrait illico presto soupçonnée de conservatisme sclérosé, si ce n’est pire.
L’  hyperdémocratie  peut donc tout se permettre et elle se permettra tout à la seule exception de ce qui pourrait être interprété comme « discriminatoire » ou rappeler « les heures les plus sombres de notre histoire » car « aller de l’avant » est pour elle la condition sine qua non de sa survie et du maintien au pouvoir de la caste qui l’incarne. Ils n’ont pas fini de vouloir nous faire bouger.

10.01.2009

Ces méchants juifs tueurs d'enfants

Tout le monde sait que l’armée israélienne doit une partie de sa réputation à la fâcheuse tendance qu’elle a de « tuer des enfants ».  Même les boys américains en Irak ou en Afghanistan ne semblent menacer la domination absolue de Tsahal sur ce terrain et les  concours de "porter d’enfants blessés devant caméras " auxquels se livrent frénétiquement les Palestiniens nous rassurent sur ce fait tous les jours.
Evidemment, tout cela ne doit rien au hasard et nous ne parlons même pas des astuces ludiques des « activistes » du Hamas qui adorent installer lance-roquettes et dépôts de munitions dans des écoles.
Il s’agit bien sûr de rappeler au naïfs occidentaux ce vieux mythe judéophobe du « juif tueur d’enfants » et la facilité avec laquelle médias et belles-âmes tombent de le panneau de la propagande islamiste  montre que l’antisémitisme n’a pas disparu d’un coup de baguette magique en Europe après la Seconde guerre mondiale. Il s’est simplement transformé en antisionisme et il faut vraiment être un niais pour s’étonner de l’idylle entre le gauchiste multiculturaliste Dieudonné et Jean-Marie le Pen. L’antisémitisme rassemble les hommes pourrait-on dire. Pourquoi ? Parce ce que le juif représente l’altérité absolue. Il est un obstacle tant pour les obsédés de la pureté d’une race que pour les obsédés du mondialisme antiraciste et multiculturel.
Certes, l’Europe ne cesse de ressasser la Shoah jusqu’à l’overdose mais cette morbide manie est trop exagérée pour être honnête et les associations ou lobbys juifs en Europe feraient bien de s’en rendre compte.  Tout cela dissimule le fait que pour l’Europe d’ aujourd’hui un « bon juif » est un juif en pyjama rayé derrière des barbelés, éternel objet de pitié et instrument de repentance et de bonne conscience alors que le « sale juif » est le soldat israélien « tueur d’enfants » installé dans le cockpit de son F-16 ou dans la tourelle d’un char Merkava, bref, un juif qui refuse obstinément de se laisser assassiner.

 

 

05.01.2009

Tous égaux, tous des numéros

Voilà des années que l’on s’écharpe au Parlement pour trouver une solution « égalitaire » au nom de famille porté par des conjoints et leurs enfants, question d’en finir enfin avec la « tradition patriarcale ». Aux dernières nouvelles, le nom de famille que portera l’enfant pourrait être même tiré au sort si les parents n’arrivent pas à se mettre d’accord.
On s’étonne qu’un député cherchant à faire avancer le débat avec une proposition novatrice brisant un tabou n’ait pas encore eu l’idée  du suggérer la liquidation pure et simple du nom de famille.
Et puis tant qu’on y est, autant pousser jusqu’à sa limite le délire égalitariste en supprimant même tout prénom puisque ceux-ci sont des « marqueurs sociaux » comme nous le rappelle un article du dernier Matin Dimanche. On pourrait remplacer le prénom par la date de naissance. Tous les moufetons nés aujourd’hui se verraient par exemple affublés du chiffre 5109. Soyons tous égaux, soyons des numéros. C’est ça le multiculturalisme dans la diversité antisexiste ouvert et tolérant, non ?

01.01.2009

Encore un drame du repli sur soi et du refus de l’ouverture à l’Autre

Le Matin d’aujourd’hui rapporte que lundi dernier à Epalinges la réaction d' un sexagénaire ayant interprété comme une agression la visite nocturne dans sa villa de deux hommes venus d’ailleurs lui apporter les richesses de leur culture a contraint ces derniers à se défendre.
Encore dans une phase d’intégration à leur pays d’accueil les deux visiteurs ont malheureusement réagi de façon légèrement disproportionnée et ont tué leur hôte alors qu’ils n’avaient que l’intention de se défendre.
Il reste maintenant à en appeler à la mansuétude de la justice pour ces deux personnes qui n’ont pas encore intégré les codes sociaux en vigueur dans notre société privilégiée.

Mais c’est surtout aux Suisses eux-mêmes de faire un effort. Ils doivent enfin comprendre que le frileux repli sur soi et le refus de l’ouverture à l’Autre peuvent mener au drame.

 

31.12.2008

La charia fait débat, elle est bientôt là, ça nous distraira

Dans un article paru dans la dernière édition du cahier de la Commission fédérale contre le racisme et intitulé «  Pluralisme juridique : un instrument pour le multiculturalisme ? », un juriste de l’Université de Fribourg propose la reconnaissance par la loi suisse de tribunaux islamiques qui appliqueraient la charia aux musulmans installés dans le pays.
Le bonhomme, nommé Christian Jordano, a bien sûr conscience de provoquer et de choquer et bien sûr sa proposition n’a d’autre ambition que de « susciter le débat » (Source Le Matin du 29.12). On sait ce que veut dire l’expression « susciter le débat » en novlangue démocratique, elle a le même sens que « préparation d’artillerie » en langage militaire…
Et puis après tout, au point où nous en sommes, pourquoi pas ? Il n’y a que la Croix pour s’opposer au Croissant, tout le reste est bavardage et les problèmes des démocrates droits-de-l’hommistes laïcards ouverts et tolérants ne sont pas les nôtres. Car ce sont eux qui ne manqueront pas de s’écharper à ce sujet et cela nous promet des moments de franche rigolade. On verra ainsi s’affronter militants antiracistes et militantes  féministes, fanatiques de la tolérance contre fanatiques de l’ouverture aux autres, zoophiles forcenés contre égalitaristes forcenés, hystériques des droits de l’homme contre hystériques des droits des migrants. En bref, le grand combat du même contre le même, du moderne contre le moderne, de la démocratie contre la démocratie. Avec en prime la perspective d’assister un jour à des lapidations ou même à des décapitations sur la place de la Riponne à Lausanne tout cela risque d’être fort distrayant.

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